L’industrie agroalimentaire traverse une période marquée par la volatilité des marchés mondiaux, des évolutions réglementaires et des comportements de consommation en mutation. Chez Coface, notre rôle est d’analyser ces dynamiques et d’aider les entreprises à prendre des décisions stratégiques éclairées. En tant que membre de Wagralim, Coface partage dans cet article une vue claire et accessible des tendances qui façonneront les marchés agroalimentaires en Europe et en Belgique en 2026.
Marchés agricoles mondiaux : la pression sur l’offre persiste
Les marchés mondiaux des céréales restent sous pression :
- Le soja est la seule culture majeure affichant une légère hausse d’une année sur l’autre.
- Le riz a enregistré la baisse la plus marquée, en raison d’une offre mondiale abondante et de révisions à la baisse des prévisions de prix pour 2025.
Trois éléments détermineront en partie les tendances de prix dans les prochains mois :
- L’avancement de la récolte de maïs aux États‑Unis
- Les conditions météorologiques dans l’hémisphère sud (avec une probabilité significative d’occurrence du phénomène climatique El Niño)
- Le conflit au Moyen Orient et son impact sur l’approvisionnement mondial en engrais et leurs prix
Dans le segment des produits tropicaux, les prix du café diminuent depuis novembre 2025 (-20 % par rapport à la même période l’an dernier), mais restent 20 % au dessus de la moyenne observée entre 2022 et 2025.
Les prix du cacao ont reculé depuis leurs sommets historiques, mais demeurent élevés en raison de contraintes persistantes affectant la production en Afrique de l’Ouest.


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Céréales européennes : inversion des prix blé–maïs
Pour la première fois depuis 2023, le blé européen se négocie à un prix inférieur à celui du maïs. Cette inversion reflète :
- une forte disponibilité de blé, notamment grâce à des récoltes favorables en Roumanie et en Espagne,
- une pénurie persistante de maïs européen, avec des niveaux de stocks qui continuent de baisser.
Un euro plus fort pourrait exercer une légère pression à la baisse sur les prix, mais le principal moteur de cette inversion demeure le déséquilibre entre l’abondance de blé et la rareté du maïs.
Réglementation européenne sur la déforestation : un report à fin 2026 offrant un répit à court terme
La mise en œuvre de la réglementation européenne contre la déforestation (EUDR) a été reportée à fin 2026.
Cette réglementation introduit des exigences strictes en matière de diligence raisonnable et de traçabilité pour les produits liés à la déforestation, tels que le cacao.
Ce report est particulièrement significatif pour l’Afrique de l’Ouest, où la production est dominée par de petits exploitants pas encore prêts à se conformer à ces exigences.
Puisque près de 60 % du cacao ouest africain est exporté vers l’UE, ce report supprime la menace immédiate d’une perturbation majeure de l’offre en 2025–2026.
La pression à la baisse sur les prix est donc forte à court terme, même si les prix du cacao devraient rester relativement élevés en raison des défis structurels de la région.
Secteur agroalimentaire belge : résilient mais sous pression
En Belgique, les ventes de produits alimentaires sont restées relativement stables au cours des deux dernières années, mais les volumes continuent de diminuer alors que les consommateurs font face à des prix durablement élevés.
Les détaillants alimentaires spécialisés, souvent positionnés sur le segment premium, sont particulièrement touchés.
Une amélioration pourrait intervenir en 2026, avec une reprise attendue du pouvoir d’achat réel. Cependant, cela peut être remis en question par un rebond de l’inflation, notamment alimentaire.
La production alimentaire est également restée globalement stable, avec une augmentation enregistrée en 2025. Toutefois, la hausse des coûts pourrait remettre en cause ces perspectives. Les producteurs de boissons, quant à eux, continuent de voir leur production diminuer, reflétant une tendance présente dans une grande partie de l’Europe. Cette faiblesse résulte à la fois de pressions sur les prix et de changements comportementaux à long terme vers une consommation réduite d’alcool.
Insolvabilités : une hausse généralisée en 2025
En 2025, les faillites dans le secteur agroalimentaire belge ont augmenté de 8,4 %, touchant environ 350 entreprises.


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Les segments les plus affectés sont l’élevage, l’aquaculture et les activités de transformation des produits associés.
Les grossistes alimentaires et de boissons ont également enregistré une hausse de +8,6 %, soit environ 150 faillites.
Les faillites parmi les grossistes en produits alimentaires, boissons et tabac ont également continué d’augmenter en France et en Allemagne en 2025 (environ +8 % par rapport à 2024).
En revanche, elles ont diminué aux Pays Bas (–20 % environ) et au Royaume Uni (–13 % environ), même si les niveaux britanniques restent supérieurs à leur moyenne pré pandémique.
Globalement, les risques d’insolvabilité pour les exportateurs agroalimentaires belges restent élevés dans ces marchés clés.
Par rapport aux niveaux pré pandémiques, les faillites demeurent nettement plus élevées dans les secteurs de la production animale et de l’aquaculture, reflétant des pressions structurelles sur les coûts et les effets des récentes épizooties (fièvre catarrhale ovine et grippe aviaire).
Conclusion : des risques persistants, mais un secteur en adaptation
Tous les indicateurs montrent que le secteur continue d’opérer sous une pression importante : hausse des coûts, pouvoir de fixation des prix limité, faible taux d’utilisation des capacités.
Certaines entreprises bien structurées pourraient saisir des opportunités, mais globalement, le secteur reste dans un environnement à haut risque, avec seulement une amélioration à court terme attendue.
Dans un contexte économique marqué par la volatilité des marchés et l’évolution rapide des réglementations, comprendre les risques est essentiel pour les entreprises agroalimentaires. Coface contribue à cette réflexion en partageant régulièrement des analyses sectorielles et des études économiques sur les tendances influençant notre industrie.
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