Études économiques
République dominicaine

République dominicaine

Population 10,5 millions
PIB par habitant 8 986 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) -6,7 12,3 4,9 4,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,6 8,5 8,8 5,7
Solde public / PIB (%) -7,9 -2,9 -3,0 -2,7
Solde courant / PIB (%) -1,7 -2,8 -3,4 -2,4
Dette publique / PIB (%) 71,1 62,1 59,3 57,6

(e) : Estimation (p) : Prévision *Secteur public non financier

POINTS FORTS

  • Principale destination touristique des Caraïbes
  • Envois de fonds de sa diaspora
  • Solide réseau d’infrastructures
  • Accord de libre-échange avec les États-Unis (CAFTA-DR) et accord de partenariat économique avec l'UE
  • Stabilité institutionnelle

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à l'égard de la conjoncture économique américaine
  • Tributaire du prix de l'or (l’industrie minière représente environ 20% du PIB)
  • Approvisionnement en électricité défectueux
  • Activité manufacturière limitée et concentrée dans les zones franches peu connectées à l’économie domestique
  • Niveaux élevés de pauvreté et d'inégalité / faibles recettes fiscales (14% du PIB)
  • Criminalité liée au trafic de drogue
  • Inégalités (coefficient de GINI de 0,40)
  • Corruption généralisée

Appréciation du risque

La croissance ralentira légèrement en 2023, toujours portée par le tourisme et les remises

En 2022, malgré les tensions inflationnistes, la croissance dominicaine a conservé sa résilience. Le rebond du tourisme associé à la couverture vaccinale (plus de 40% de la population début 2022) contre la COVID-19 l’a soutenue. Pour 2023, la croissance ne faiblira que très peu. Malgré la politique monétaire restrictive de la Banque Centrale de la République Dominicaine (taux de repo à 3,00% fin novembre 2021 contre 8,25% fin octobre 2022), les investissements privés nationaux (20% du PIB) continueront d’appuyer le secteur du tourisme (16% du tourisme).  De même, en dépit de la hausse des taux américains, les IDE (3,2% du PIB 2022 au total) devraient conserver leur légère progression à destination du secteur touristique (hausse des IDE de 0,1% de PIB pour 2023).  Les entreprises américaines poursuivront leur stratégie de nearshoring. A cet effet, les investissements à destination de leurs présences industrielles locales s’accroitront. (1,58 milliards de USD d’augmentation pour 2023) Ainsi, la construction d’infrastructures touristiques se poursuivra à Cabo Rojo-Pedernales (2.245 milliards de USD sur 10 ans). Les investissements publics se concentreront en 2023 dans le secteur de l’éducation (0,6% du PIB). Un plan gouvernemental d’urgence (1,9 millions de USD) atténuera les dégâts provoqués par l’ouragan Fiona en septembre 2022. Néanmoins, le taux de croissance sera légèrement inférieur à celui de 2022. En effet, malgré sa division par deux, l’inflation pèsera sur la consommation des ménages (67% du PIB). Le ralentissement nord-américain et espagnol freinera les envois de fonds provenant de la diaspora dominicaine (8%   du PIB pour 2023). Toutefois, le pouvoir d’achat des ménages bénéficiera de la subvention prolongée du carburant (400 millions de RD $ depuis l’été 2022) et de la résistance de l’activité touristique qui fournit un grand nombre d’emplois, même informels. Enfin, le ralentissement mondial, particulièrement américain, freinera les exportations (22% du PIB en 2021)   dont 54%   sont destinées aux Etats-Unis. L’industrie minière (environ 20% du PIB) pâtira de la légère diminution des exportations aurifères en raison d’un effet de volume. Le rythme des exportations non-minières (tourisme, tabac, instruments médicaux, produits électroniques, textiles) décèlera un peu.

 

Prudence budgétaire et déficit courant modéré malgré l’inflation

En 2022, le déficit public a conservé un niveau d’avant la pandémie de COVID-19 qui doit beaucoup à la croissance des recettes induite par l’inflation, ainsi qu’à l’arrêt des dernières mesures de relance budgétaire. Cela a permis de presque compenser le supplément de dépenses liées aux aides aux ménages pour faire face à la hausse de la facture alimentaire et énergétique. En 2023, malgré la politique économe des autorités, le ratio déficit public/PIB ne diminuera que légèrement. D’une part, les recettes publiques (14,7% du PIB en 2022) continueront de progresser en phase avec la croissance, confortées par la consolidation fiscale et le secteur des services (63% du PIB).. De l’autre, les dépenses publiques (ne devraient, au mieux, que légèrement décroître (moins de 1 point de PIB). Dans la perspective électorale, les dépenses primaires (14,5% du PIB) se concentreront sur l’augmentation des transferts sociaux et l’éventuelle prolongation de certaines aides aux ménages pour lutter contre la vie chère. Les investissements dans les infrastructures de transports se poursuivront à Santo Domingo. Les intérêts de la dette resteront modestes (3% du PIB). Par ailleurs, le déficit public sera encore principalement financé par l’émission d’obligations (3,6 milliards de USD d’obligations souveraines placées). Le recours au financement bancaire se limitera principalement aux investissements publics. Le ratio d’endettement continuera de se réduire grâce à la croissance et au maintien de l’excédent primaire (c.-à-d. hors intérêts).

En ce qui concerne les comptes extérieurs du pays, l’inflation mondiale a creusé le déficit courant en 2022. L’augmentation de la facture des exportations énergétiques a creusé le déficit commercial. La balance des revenus a pâti de l’augmentation des rapatriements des bénéfices des sociétés étrangères. Pour 2023, la balance courante restera déficitaire. La hausse des importations hors énergie (plus de 21% du PIB pour 2023) et la baisse des exportations aurifères entretiendront le déficit commercial (environ 7% du PIB pour 2023). La baisse des transferts de fonds de la diaspora (baisse attendue de 0,3% du PIB) diminuera la balance des revenus (4,3% du PIB pour 2023). Cependant, ce déficit courant restera modéré. Le dynamisme touristique, même moindre, continuera de contribuer à l’excédent des services. Le déficit extérieur sera financé par les IDE et les emprunts financiers. Les réserves de la Banque Centrale de la République Dominicaine couvriront au moins 4 mois d’importations.

 

La lutte contre la corruption se poursuit et l’instabilité haïtienne préoccupe la population

Le président centriste Luis Abinader a pris ses fonctions en août 2020 et dispose d'une majorité au Congrès (18 des 32 sièges du Sénat et 92 des 190 sièges de la Chambre basse). Il s’est notamment engagé à lutter contre la corruption et la criminalité. A cet effet, son gouvernement a engagé une réforme incertaine de la Constitution visant à garantir l’indépendance du Ministère public et du Conseil central électoral. Malgré sa compromission dans le scandale des « Pandora Papers », il a su conserver une forte popularité grâce à la campagne de vaccination COVID-19 et au fort rebond économique de 2021. Les prochaines élections générales se tiendront en 2024.

Depuis l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse en 2021, les relations entre la République Dominicaine et Haïti se sont encore détériorées. Depuis février 2022, les autorités dominicaines ont entamé la construction d’un mur frontalier pour enrayer l’afflux d’haïtiens, dont la présence est importante dans l’agriculture et la construction. Cette barrière de béton s’étendra sur 164 km des 392 km de la frontière. Par la même, le pays souhaite se prémunir contre l’insécurité de son voisin haïtien. Par ailleurs, le gouvernement dominicain multiplie les expulsions de clandestins haïtiens. En dépit d’une médiation américaine, toute amélioration semble impossible sans une amélioration du climat sécuritaire et économique à Port-au-Prince.

 

Dernière mise à jour : Avril 2023

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