Études économiques
Djibouti

Djibouti

Population 1,0 million
PIB par habitant 3 482 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 7,8 0,5 5,1 5,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,3 1,8 1,6 2,0
Solde public / PIB (%) -0,3 -1,7 -1,6 -1,3
Solde courant / PIB (%) 28,9 11,6 -1,0 -0,5
Dette publique / PIB (%) 65,3 73,3 71,5 70,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Position géostratégique à l’entrée de la mer Rouge et soutien de la communauté internationale
  • Émergence du pays en tant que plateforme commerciale, logistique et militaire régionale
  • Afflux d’importants investissements directs étrangers
  • Processus de modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires, zones franches
  • Au cœur du projet de route de la soie de la Chine
  • Seul accès à la mer pour l’Éthiopie, où transite plus de 90 % de son commerce

POINTS FAIBLES

  • Risque élevé de surendettement
  • Dépendance à l’égard de l’Éthiopie et de la Chine
  • Importante économie informelle : grande pauvreté et chômage endémiques
  • Aridité du climat
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

Le commerce régional et la reprise des projets d’infrastructure comme sources de croissance en 2022

Bénéficiant de la reprise du commerce international et régional, l’économie a rebondi en 2021, après une forte décélération de sa croissance en 2020 liée à la crise sanitaire. En 2022, alors que la reprise du commerce mondial devrait se poursuivre, l’activité du pays sera encore tirée par la croissance de la demande pour les services logistiques et de transbordement. Les exportations resteront donc un moteur de la croissance. Avec plus de 80 % du trafic annuel du port de Djibouti dépendant de l’Ethiopie, il pourra bénéficier de la poursuite de la reprise de son voisin, mais demeurera aussi vulnérable à de possibles perturbations en raison de l’instabilité politique dans la région du Tigré. Les difficultés de la chaîne d’approvisionnement mondiales pourraient également freiner l’expansion de ce moteur de la croissance. Par ailleurs, l’activité du pays devrait aussi être soutenue par la reprise de l’investissement, public et privé, dans les infrastructures servant l’ambition du pays de devenir un carrefour logistique et commercial régional. En 2022, le réaménagement du port historique en centre d’affaire ou la poursuite du développement de la zone franche industrielle du port de Damerjog, avec la construction d’une nouvelle jetée pétrolière, feront partie de ces projets. La population, largement dépendante de l’économie informelle (70 % des emplois), pourrait profiter des créations d’emplois découlant de ces investissements, qui soutiendraient alors la consommation privée (près de 50 % du PIB). Néanmoins, celle-ci restera contrainte par le taux de chômage très élevé (près de 50 %). Elle restera aussi vulnérable aux évolutions relatives à la pandémie, alors que le taux de vaccination, malgré l’obligation vaccinale pour les plus de 25 ans, était encore très bas à l’orée de la nouvelle année.

 
En 2022, l’inflation devrait rester mesurée, mais les prix des denrées alimentaires et de l’énergie pourrait exercer des pressions à la hausse.

 

Légère réduction des déficits jumeaux en 2022

En 2022, la fin des mesures de soutien pour lutter contre les effets de la crise (à hauteur de 2,6% du PIB) devrait permettre de réduire le déficit budgétaire. Néanmoins, l’amélioration ne devrait être que très marginale, en raison de l’accroissement des dépenses d’investissement en capital dans les projets visant à réaliser les ambitions de développement du plan Vision 2035. De plus, la crise a provisoirement stoppé les efforts d’assainissement budgétaire, qui ne devraient pas reprendre dans l’immédiat. Le financement des infrastructures ces dernières années, a lourdement pesé sur la dynamique d’endettement, faisant même émerger un risque élevé de surendettement. La dette publique, presque entièrement extérieure, est essentiellement due à la Chine (70 % du total de la dette publique en 2021). Devant ce constat, le pays chercherait à diversifier ses sources de financement, privilégiant celles multilatérales, moins coûteuses. Après les prêts du FMI et de l’AfDB pour faire face à la pandémie, le pays s’est, par exemple, accordé avec cette dernière pour recevoir un prêt concessionnel d’un montant de USD 13,9 millions (sur un total de USD 83,6 millions) pour son projet d’interconnexion électrique avec l’Ethiopie.

 

En ce qui concerne les comptes extérieurs, la reprise de la croissance en 2021 a eu pour effet d’accroître les importations, faisant basculer la balance courante en déficit. En 2022, il resterait déficitaire, encore alimenté par les fortes importations de biens et services nécessaires à la réalisation des projets d’infrastructure. La progression importante des exportations (et réexportations) de biens et de services (de logistique et de transport) devrait toutefois permettre de le réduire légèrement. Leur évolution restera néanmoins soumise à l’évolution de la situation en Ethiopie. Les rapatriements des bénéfices des investissements continueront d’alimenter le déficit du compte des revenus. En revanche, celui des transferts devrait rester excédentaire grâce aux envois de fonds des expatriés. Le déficit courant devrait être financé essentiellement par les investissements directs, qui avaient fortement reculé avec la pandémie. Les réserves de change détenues par la banque centrale restent modérées, équivalentes à plus de 5 mois d’importations (hors importations liées à la réexportation).

 

Poursuite du plan de développement Vision 2035 

Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a remporté, avec plus de 97% des voix, les élections présidentielles en avril 2021, dans un scrutin boycotté par une large partie de l’opposition. Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre du plan de développement Vision 2035, qui a pour objectif de tripler le revenu par tête et d’améliorer les indicateurs de développement social et humain. Malgré la volonté de transformer le pays, l’environnement des affaires reste médiocre, souffrant notamment de la faiblesse de la gouvernance et de la corruption (142ème sur 180 en 2020, d’après Transparency International). Le lourd endettement du pays pourrait nuire aux relations commerciales avec la Chine, principale créancière. Par ailleurs, la reprise des relations diplomatiques entre l’Érythrée et l’Éthiopie pourrait peser sur les perspectives du pays, si l’Éthiopie venait à négocier des accords permettant de s’affranchir de sa dépendance à Djibouti pour ses échanges commerciaux.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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