Études économiques
Cuba

Cuba

Population 11,3 millions
PIB par habitant - $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) -0,2 -10,9 2,2 4,2
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,3 18,5 500,0 30,0
Solde public / PIB (%) -6,2 -17,7 -18,3 -13,2
Solde courant / PIB (%) 1,9 0,9 -2,0 0,1
Dette publique / PIB (%) 52,1 59,3 151,1 118,9

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Secteurs touristique et minier (nickel, cobalt) et potentiel agricole (sucre, tabac)
  • Ouverture au secteur privé individuel et coopératif de l’agriculture, du commerce, de la restauration et de la construction
  • Main-d’œuvre qualifiée et peu onéreuse
  • Secteurs médical et éducatif de qualité
  • Indicateurs sociaux relativement satisfaisants
  • Faible criminalité et lutte contre la corruption
  • Accord de dialogue et de coopération avec l’Union européenne

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilités externes (climat, matières premières)
  • Faible productivité du secteur public et de l’agriculture
  • Faiblesse de l’investissement et des infrastructures
  • Processus administratif très lourd et réglementation commerciale encore très récente
  • Contrôle de l’État sur le commerce de gros, le crédit, ainsi que les échanges extérieurs et les investissements étrangers
  • Subventions sur les produits de base pesant sur les dépenses publiques
  • Accès réduit aux financements extérieurs
  • Larges pénuries

Appréciation du risque

Une bien lente sortie de crise 

La situation économique du pays devrait lentement s’améliorer au cours de l’année 2022, dynamisée par la reprise de l’activité mondiale, alors que s’atténueront les conséquences des récentes réformes mises en place dans la douleur par le gouvernement. Les premiers effets de l’unification monétaire réalisée le 1er janvier 2021 devraient commencer à s’affaiblir, et le cours de la monnaie unique se stabiliser après son plongeon au cours de l’année 2021 (64 CUP pour 1 USD sur le marché noir en septembre 2021 contre 24 pour 1 au taux de change officiel). Cependant, les contraintes d’approvisionnement et le développement du marché noir maintiendront une pression à la hausse sur les prix, alors que les sanctions mises en place par l’administration Trump sont toujours de mise. Ainsi, l’inflation devrait rester contenue à des niveaux à deux chiffres après son explosion en 2021, et la pression sur les ménages s’atténuer. Toutefois, les contraintes sur la consommation des ménages resteront grandes, alors que la multiplication par 4 du salaire minimum dans la fonction publique en 2021 n’a pas permis de suivre le rythme de l’inflation.  La tendance est à la baisse des subventions publiques tandis s’accumulent les pénuries de produits de premières nécessité. Les envois et la réception de devises des expatriés resteront eux aussi limités par les sanctions prises par les Etats-Unis et les contrôles de change mis en place par le gouvernement. La consommation publique, dans une économie largement étatique, continuera de souffrir du manque de financement du gouvernement. Cela devrait pousser ce dernier à continuer les réformes de libéralisation partielle de l’économie, suite à l’élargissement des postes ouverts au travail autonome en février 2021 et la loi autorisant la création de petites et moyennes entreprises jusqu’à 100 salariés en août 2021. Malgré l’ouverture de 678 projets à l’investissement étranger, dont 175 de plus qu’en 2021, les investisseurs devraient rester prudents. Le Titre III de l’acte Helms Burton n’a toujours pas été abrogé par l’administration Biden et autorise toujours les poursuites contre des entités bénéficiant des actifs expropriés à Cuba depuis le 1er janvier 1959. La demande extérieure devrait toutefois permettre un certain dynamisme des exportations du pays, profitant de la hausse des cours du nickel et du sucre. Le secteur agricole devrait en bénéficier mais restera largement vulnérables aux événements climatiques. Le secteur manufacturier devrait pour sa part profiter de la demande mondiale en produits pharmaceutiques et produits chimique mais restera largement contraint par les problèmes d’approvisionnement. Enfin, le secteur touristique (10,3% du PIB en 2019), largement saisonnier, devrait reprendre un peu de vigueur au premier trimestre 2022, grâce à la réouverture du pays aux touristes depuis le 15 novembre 2021.

 

Des comptes public et courant en amélioration limitée

Avec l’unification monétaire et la fin de la surestimation artificielle du PIB au taux de 1 USD = 1 CUC (ancienne monnaie utilisée dans les échanges avec l’extérieur) =1 CUP, la dette en termes de PIB a bondi, accentuée par le haut niveau de déficit et la part élevée de dette extérieure (131% du PIB). Alors que le pays se trouvait en cessation de paiement depuis 2020, un accord a finalement été trouvé au printemps 2021 avec le Club de Paris permettant à Cuba de remplir ses obligations dans le cadre de l’accord de restructuration de sa dette, signé en 2015. Une proposition de restructuration de la dette auprès des créanciers privés a également été transmise au gouvernement par le Club de Londres, proposant une décote de 60% pour cette dette détenue majoritairement par le fond d’investissement CRF I Ltd. Dans ce contexte, le déficit public devrait diminuer en 2022. La diminution des dépenses liées au COVID et la lente reprise du tourisme apporteront des recettes appréciables face au renchérissement du pétrole, alors que les sanctions américaines empêchent de s’approvisionner à bas coût chez l’allié vénézuélien. L’émission d’obligations sur le marché domestique permettra de financer ce déficit ainsi que de rares financements internationaux via des prêts bilatéraux, notamment chinois.

 

Du point de vue des comptes extérieurs, la chute du CUP a fait augmenter la facture des importations, alors que la production domestique peine à répondre aux besoins internes et que les cours du pétrole ont augmenté. Toutefois, les exportations, notamment de produits pharmaceutiques, chimiques, agricoles et miniers (nickel), devraient bénéficier d’une plus grande compétitivité avec la dévaluation et rebondir. Il en va de même pour les exportations de services, tirées par la reprise du tourisme et la vente de services médicaux à l’étranger, alors que les médecins cubains ont été fortement demandés pendant la pandémie (une quarantaine d’interventions extérieures). Cela, ajouté aux remises des expatriés, devraient permettre de retrouver un faible surplus courant, tandis qu’augmenteront timidement les investissements directs étrangers, notamment en provenance d’Europe.

 

Vives tensions urbaines

En juillet 2021, le gouvernement a dû faire face à une vague historique de manifestations à travers le pays face à la dégradation des conditions économiques et sanitaires.. La réponse apportée a été la répression avec des centaines d’arrestations, notamment dans le monde de la culture. Du point de vue extérieur, le principal enjeu restera une normalisation des relations avec les Etats-Unis rendue possible par l’arrivée de Joe Biden au pouvoir. Toutefois, la prévalence des intérêts domestiques et le besoin du nouveau président de gagner des voix en Floride en amont des élections de mi-mandat devraient ralentir le rythme de cette normalisation comme le montre le renouvellement automatique de sanctions datant de l’administration Trump.  

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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