Études économiques
Rwanda

Rwanda

Population 12,1 millions
PIB par habitant 787 $US
A4
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 6,2 8,6 10,2 3,0
Inflation * (moyenne annuelle, %) 4,9 1,4 2,3 5,0
Solde public ** / PIB (%) -4,6 -4,6 -5,8 -6,2
Solde courant / PIB (%) -7,7 -7,9 -9,4 -10,2
Dette publique / PIB (%) 48,9 53,1 55,2 56,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Inflation urbaine, principale mesure d'inflation utilisée. ** Année fiscale du 1er juillet - 30 juin. Données 2020 : AF19-20

POINTS FORTS

  • Potentiel géologique : cassitérite, coltan, or, pierres précieuses (aigue-marine, rubis, saphir)
  • Potentiel touristique
  • Développement d’un tissu industriel
  • Environnement des affaires comptant parmi les plus favorables du continent africain
  • Progrès importants en matière de gouvernance et relative stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux cours des matières premières et à l’aide internationale
  • Enclavement et exposition aux tensions géopolitiques de la région des Grands Lacs
  • Forte pression démographique ; densité de population parmi les plus élevées d’Afrique

Appréciation du risque

La demande intérieure, source d’une croissance robuste

En 2020, le rythme de croissance devrait rester très soutenu, sous l’impulsion de l’investissement public. Celui-ci, qui s’inscrit dans le Plan stratégique de transformation nationale (NST), devrait particulièrement porter le secteur de la construction. Outre la fin des travaux de l’aéroport de Bugesera, ceux de la centrale thermique de Gisagara et des infrastructures des zones économiques spéciales (Bugesera, Rwamagana) devraient, par exemple, être poursuivis. L’impulsion donnée par l’investissement public devrait être suivie par celle du privé et bénéficier également aux secteurs de l’agriculture et des mines. Ce premier sera tiré par l’expansion des cultures destinées à l’exportation, particulièrement le café et le thé, tandis que le second devrait bénéficier des initiatives de promotion de l’investissement dans l’exploration et le commerce des minerais. La croissance du secteur minier restera néanmoins vulnérable à l’évolution de leurs prix. La santé de ces deux secteurs se répercutera sur celle des transports et du commerce. La consommation privée, bénéficiant d’une inflation mesurée et de l’extension du crédit, devrait profiter aux secteurs des services, notamment les télécommunications. Les services seraient également soutenus par le tourisme. L’expansion de RwandAir, la compagnie aérienne nationale, avec l’ouverture de nouvelles lignes, devrait accompagner l’essor du secteur. Les recettes touristiques, de même que les recettes minières et agricoles, devraient soutenir les revenus d’exportations, mais la contribution de la balance commerciale à la croissance devrait être négative compte tenu de la progression probablement plus rapide des importations.

 

Une politique budgétaire assouplie pour soutenir le NST

En 2019/2020, les priorités budgétaires seront dictées par la réalisation du NST, entretenant un déficit budgétaire qui devrait se creuser. Environ 40 % des ressources budgétaires seront ainsi allouées à la dépense d’investissement en capital qui visera principalement les infrastructures dans le but de réaliser l’ambition industrielle du pays. La progression de la dépense courante, notamment de la masse salariale, devrait être plus contenue, afin de libérer des ressources supplémentaires pour les projets d’investissement. En termes de recettes, dans un contexte de déclin des appuis budgétaires internationaux, les efforts visant à améliorer la mobilisation des ressources domestiques seront poursuivis, notamment avec une révision de la loi sur les droits d’accise. Le financement s’appuiera principalement sur les emprunts extérieurs, contribuant à la poursuite de la trajectoire ascendante de la dette. Le risque de surendettement reste néanmoins mesuré, compte tenu de la part importante de prêts concessionnels dans la dette extérieure (près de 90 %).

 

Les projets d’infrastructures accentuent le déficit courant

En 2020, le déficit courant devrait se creuser, toujours grevé par une balance commerciale largement déficitaire. Les importations de biens d’équipement continueront notamment de peser, malgré une probable progression des recettes d’exportations. Les projets d’infrastructure devraient également accentuer le déficit des services, malgré l’amélioration des recettes touristiques. La tendance à l’augmentation des rapatriements de profits des sociétés étrangères pèsera encore sur le compte des revenus. Celui des transferts restera excédentaire, grâce notamment aux aides et dons internationaux, mais également aux transferts de travailleurs expatriés. Des entrées robustes de capitaux, principalement des IDE et les prêts projets devraient permettre de financer le large déficit courant et contribuer à l’accumulation progressive des réserves de change et de contenir la dépréciation du franc rwandais.

 

Environnement domestique stable malgré les tensions aux frontières

Le président Paul Kagamé s’est octroyé un troisième mandat consécutif en août 2017, obtenant officiellement, près de 99 % des voix. En septembre 2018, l’hégémonie du Front patriotique rwandais (FPR) et de M. Kagamé s’est une nouvelle fois vérifiée lors du scrutin législatif : au sein d’une coalition élargie à six partis, le FPR a remporté 74 % des voix et 40 des 53 sièges soumis au vote des électeurs. La place de l’opposition sera d’autant plus limitée que neuf autres sièges ont été obtenus par des alliés traditionnels du FPR. Régulièrement accusés de museler les dissidences et de contrôler l’espace politique, Paul Kagame et le FPR sont aussi crédités du retour à la paix et à la stabilité politique. Le pays, en constante amélioration dans les classements internationaux depuis 15 ans, continue les réformes visant à améliorer l’attractivité de son environnement des affaires, notamment pour réduire les coûts de financement et de transports. Classé 38e (sur 190 pays) dans le rapport Doing Business 2020, le pays se distingue par un climat des affaires comptant parmi les plus attrayants du continent et compétitif au niveau global. En revanche, les relations restent tendues avec les voisins dans la région des Grands Lacs, notamment avec le Burundi. L’année 2019 a aussi été marquée par les tensions avec l’Ouganda, sur fond d’accusations mutuelles de déstabilisations à la frontière, et qu’un accord, signé en août 2019, doit permettre d’apaiser. La situation sécuritaire précaire dans le Sud-Kivu (à l’est de la République démocratique du Congo) constitue également une source de crispation avec le voisin congolais. Les mesures adoptées à cette frontière pour éviter la propagation de la maladie à virus Ebola, qui peine à être contenue à l’est de la RDC, pourraient ajouter aux tensions.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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