Études économiques
Botswana

Botswana

Population 2,3 millions
PIB par habitant 6 420 $US
A4
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) -8,5 12,5 4,2 4,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,9 6,7 10,0 7,0
Solde public / PIB (%) -9,9 -4,7 -3,1 0,9
Solde courant / PIB (%) -10,6 -0,5 0,5 2,8
Dette publique / PIB (%) 19,5 21,3 23,2 22,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 1er juillet - 30 juin

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes (notamment diamant, mais aussi cuivre, argent et nickel)
  • Faible dette publique et extérieure
  • Des réserves de change importantes
  • La stabilité politique et le niveau de gouvernance placent le pays parmi les premiers pays d'Afrique subsaharienne dans les classements internationaux sur l'environnement des affaires
  • Membre de l'Union douanière d'Afrique australe (SACU)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance vis-à-vis du secteur du diamant (plus de 90% des exportations)
  • Infrastructures inadéquates (production et distribution d'eau et d'électricité)
  • Inégalités et chômage élevés, pauvreté maintenue à un niveau relativement élevé
  • Manque de main d’œuvre qualifiée, petitesse du marché intérieur

Appréciation du risque

Avec un rythme de croissance stable, la reprise reste sur la bonne voie

Forte de sa ressource en diamant, l’économie devrait encore profiter  d’une amélioration des termes de l’échange : la demande et les prix pour le diamant devraient augmenter, du fait, surtout, des sanctions commerciales appliquées à la Russie, la plus grande productrice de diamants bruts au monde. De même, la production de cuivre devrait croître du fait de la mise en production attendue de la mine Motheo, exploitée par Sandfire Resources, et ainsi soutenir l’activité. Les restrictions liées à la COVID-19 se faisant de plus en plus légères, le dynamisme du secteur touristique, qui représentait 15% du PIB avant la crise, se renforcera encore. De surcroît, l’année 2023 verra la mise en place du « Reset Agenda » porté par le président Masisi, visant à diversifier l’économie en développant les services financiers, la production manufacturière, ainsi que le tourisme. Plus généralement, ce programme cherche à prioriser la réforme de la fonction publique, la digitalisation et le développement des chaînes de valeur  (notamment par le travail des diamants pour augmenter leur valeur ajoutée). Cela devrait accroître la résilience de l’économie et permettre la création d’emplois. Cependant, la croissance pourrait être limitée par le resserrement des politiques monétaires dans les économies avancées, impactant la demande globale et favorisant la volatilité des marchés mondiaux, ainsi que celle des flux de capitaux et d’investissement. L’inflation domestique devrait rester élevée, du fait de l’impact de la guerre en Ukraine sur les prix de l’énergie et de l’alimentation : elle continuera de peser sur le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables et mènera probablement à des mesures de resserrement de la politique monétaire, déjà amorcées par l’augmentation de 100 points de base du « Monetary Policy Rate » entre avril et juin 2022. De telles mesures contribueront à maintenir l’ancrage du pula au rand et au DTS.  Cela pourrait aussi peser sur l’investissement privé domestique . Enfin, un plan d’assainissement budgétaire est prévu qui pourrait mener à une réduction des transferts sociaux et subventions publiques. 

 

Les comptes publics et extérieurs se solidifient

Alors que la réponse sanitaire apportée à la crise de la COVID-19, ainsi que les dépenses liées au plan associé de « Relance et transformation économique » ont mené à une dégradation des comptes publics, le solde public devrait s’améliorer jusqu’à devenir légèrement positif sur l’année budgétaire 2022-2023, du fait du plan d’assainissement budgétaire visant à maîtriser les dépenses publiques, mieux les allouer aux objectifs de développement, et à rétablir les marges budgétaires au niveau antérieur à la crise de la COVID-19. Les réserves de l’Etat à moyen terme devraient être reconstituées, alors qu’elles s’étaient amenuisées ces dernières années, conséquence d’un recours plus fort aux réserves qu’à l’endettement public. Malgré les aides qui pourraient être encore versées pour atténuer l’impact de l’inflation sur les ménages, les dépenses seront contenues par la maîtrise de la masse salariale, notamment grâce aux économies sur les postes vacants et le gel des salaires de la fonction publique, et un meilleur ciblage des dépenses sociales. Une plus grande efficacité de l’administration fiscale ou encore les superprofits de l’industrie minière devraient accroître les recettes. Bien que la dette publique ait augmenté pendant la crise, en pourcentage du PIB, elle reste nettement inférieure à celle de la moyenne des pays émergents ou africains, et devrait se maintenir, autour de 23% du PIB, dont environ 35% d’endettement domestique.

 

Malgré leur baisse, les réserves de change restent à un niveau confortable, couvrant plus de 6 mois d'importations. En 2023, la balance courante devrait être excédentaire. La hausse des recettes tirées du diamant (environ 90% des exportations), liée à son prix élevé et au report de la demande auparavant adressée à la Russie, ainsi que celle des ventes de cuivre et des recettes touristiques, compenseront la facture toujours élevée des importations de produits alimentaires, d’électricité, et de carburant, ainsi que le paiement des services liés à l’exploitation minière et le rapatriement des bénéfices par les exploitants étrangers.

 

Une situation politique stable, mais les inégalités constituent un défi

Le Parti démocratique du Boswana (BDP), au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1966, a remporté 67 % des voix et 38 des 57 sièges lors des élections législatives d'octobre 2019. Le président sortant, Mokgweetsi Masisi, qui en est issu, a donc été confirmé dans sa fonction par un vote de l’Assemblée nationale. Malgré une certaine perte de popularité pour sa gestion de la pandémie, et une rivalité croissante avec son prédécesseur, Ian Khama , Masisi devrait rester au pouvoir au moins jusqu'aux élections de 2024. Ayant gouverné pendant plusieurs décennies de croissance et de développement, le BDP bénéficie d'un capital politique important. Cependant, les niveaux élevés de chômage (26% début 2022) et d'inégalités (10ème coefficient de Gini le plus élevé au monde) pourraient remettre en cause la stabilité sociale. L’économie étant importatrice de denrées alimentaires et de pétrole, la volatilité et les prix élevés de ces produits, du fait de la guerre en Ukraine, pourraient accroître encore les inégalités et la pauvreté. Le pays a été un exemple de bonne gouvernance en Afrique, avec des élections pacifiques et transparentes. Toutefois, certaines tendances  favorisées par la continuité du pouvoir accordé au BDP depuis 1966 semblent indiquer un déclin institutionnel , comme l'influence excessive de l'exécutif sur le judiciaire (WEO Global Competitiveness Report), une transparence budgétaire discutable (indice Ibrahim de la gouvernance africaine) ou des média sous influence du pouvoir (via le Media Practitioners  Act de 2008). Cependant, l'environnement judiciaire reste globalement favorable aux entreprises, avec des droits de propriété et une protection des investisseurs solides, des zones économiques spéciales et des formalités administratives relativement légères. 

 

Dernière mise à jour : Septembre 2022

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