Maroc

Afrique

PIB / Habitant ($)
3 901,4 $
Population (en 2021)
37,0 Millions

Evaluation

Risque Pays
B
Climat des affaires
A4
Précédemment
B
Précédemment
A4

suggestions

Résumé

Points forts

  • Position stratégique sur le détroit de Gibraltar et proximité avec le marché européen
  • Stabilité institutionnelle : attachement à la monarchie et au roi Mohammed VI, société civile active
  • Relations soutenues avec l’Europe, les Etats-Unis et les bailleurs internationaux
  • Larges investissements entrants depuis l’Europe et sortants vers l’Afrique de l’Ouest
  • Stratégie de montée en gamme et de diversification (automobile, aéronautique, tourisme)
  • Développement des énergies renouvelables et sécurisation de l’approvisionnement en eau
  • Potentiel minier, au-delà du phosphate

Points faibles

  • Inégalités (pauvreté rurale, chômage des jeunes à 35,8%, informalité, manque de logements), corruption, insuffisance judiciaire et tensions structurelles (disparités régionales, opposition islamistes-libéraux)
  • Dépendance vis-à-vis de l’agriculture (11% du PIB et 30% de l’emploi), vulnérabilité aux chocs climatiques et à la variabilité des précipitations (impact des sécheresses sur les récoltes)
  • Dépendance commerciale vis-à-vis de l’Union Européenne, notamment dans le tourisme, l’industrie et les envois de fonds des expatriés
  • Faiblesse de la productivité et de la compétitivité face à la concurrence d’autres pays méditerranéens, comme la Turquie ou l’Egypte
  • Contentieux autour du Sahara occidental
  • Poids du charbon dans la production électrique (40%)
  • Faiblesse des IDE, importance des prêts bancaires non performants (13% pour les entreprises)

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
64%
Royaume-Uni
5%
États-Unis d'Amérique
4%
Djibouti
2%
Inde
2%

Import des biens en % du total

Europe 45 %
45%
Chine 11 %
11%
États-Unis d'Amérique 9 %
9%
Turquie 6 %
6%
Arabie saoudite 3 %
3%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Perspectives de croissance favorables malgré une demande extérieure plus faible

L'économie marocaine a enregistré de bons résultats en 2025 malgré un contexte économique mondial instable. L'agriculture (9 % du PIB et 27 % de l'emploi en 2024) a commencé à se remettre de trois années consécutives de mauvaises récoltes dues à la sécheresse, même si les volumes de production sont restés inférieurs d'environ 10 % aux niveaux de 2021. Les industries extractives (phosphates), l'automobile, la construction et les services (commerce de détail, tourisme, finance) sont restés des moteurs de croissance solides, soutenus par les flux d'investissement (nationaux et étrangers) dans ces secteurs.

En 2026, la dynamique devrait rester globalement similaire. Sauf conditions météorologiques extrêmes, l'agriculture devrait rester favorable, les récoltes bénéficiant de l'amélioration des précipitations au second semestre 2025. La construction sera un important moteur de croissance, car la préparation de la Coupe du monde de football 2030 stimulera les investissements dans les infrastructures, tels que le nouveau terminal de l'aéroport Mohamed V à Casablanca (1 milliard de dollars), l'extension de la ligne à grande vitesse Tanger-Kénitra vers Marrakech ou le stade Hassan II (490 millions de dollars), qui devrait être le plus grand stade de football au monde. En outre, les autorités cherchent également à dynamiser l'activité dans les provinces du sud grâce à des investissements dans des zones économiques et des pôles logistiques (El Argoub, El Guerguerat, Dakhla). Les investissements dans l'énergie (en particulier les énergies renouvelables) et l'eau (barrages) se poursuivront également, dans le cadre des efforts visant à atteindre la souveraineté énergétique. La croissance du secteur manufacturier devrait ralentir, principalement en raison de la faiblesse de la demande automobile en Europe, qui affectera les volumes de production et d'exportation. L'activité dans le secteur du textile et de l'habillement restera également morose en raison de la faiblesse de la demande extérieure. Les services resteront le principal moteur de la croissance. Les arrivées de touristes, qui ont déjà atteint un niveau record de 19,8 millions de visiteurs en 2025 (+14 % en glissement annuel), devraient continuer à augmenter, mais à un rythme plus lent. Les services financiers resteront dynamiques grâce à l'attractivité croissante du Maroc en tant que plaque tournante financière (grâce à Casablanca Finance City) et à la présence de grandes banques marocaines en Afrique occidentale et centrale. Du côté de la demande, l'investissement restera le principal moteur, la composante publique se concentrant sur les infrastructures et la composante privée s'orientant vers les industries et les services à forte performance. La consommation restera également solide, soutenue par la croissance des salaires et une inflation faible et stable. L'inflation restant inférieure à 2 % et les anticipations étant bien ancrées, la Banque al-Maghrib devrait maintenir sa politique monétaire (taux directeur à 2,25 % depuis mars 2025).

Malgré des dépenses publiques importantes, la trajectoire budgétaire reste viable

Si la trajectoire budgétaire s'est améliorée ces dernières années, la réduction du déficit public reste très progressive. Les recettes ont considérablement augmenté (estimées à +16 % en glissement annuel en 2025) grâce aux mesures de consolidation budgétaire prises depuis 2023 en matière d'impôt sur le revenu et d'impôt sur les sociétés, ainsi qu'à la hausse des recettes provenant de la TVA et d'autres taxes à la consommation, mais les dépenses ont également augmenté (+15,6 % sur la même période) en raison de la forte hausse de la masse salariale et des paiements d'intérêts. La tendance restera similaire en 2026, avec une légère amélioration du déficit public. La croissance des dépenses publiques continuera d'être tirée par les dépenses courantes, notamment la masse salariale (+8,4 %), le salaire minimum mensuel dans le secteur public ayant été augmenté de 12,5 % en 2025 (passant de 4 000 à 4 500 dirhams). En outre, le financement de la santé et de l'éducation devrait augmenter de plus de 15 % dans le cadre des engagements pris par le gouvernement à la suite des manifestations d'octobre 2025 (voir la section ci-dessous). En revanche, les paiements d'intérêts et les dépenses d'investissement devraient légèrement diminuer par rapport à 2025. Étant donné que 2026 est une année électorale et compte tenu du climat social tendu, les dépenses pourraient dépasser le budget. La croissance des recettes continuera de bénéficier d'une activité économique forte, tant au niveau des impôts directs qu'indirects, ainsi que des mesures supplémentaires introduites pour améliorer le système fiscal dans le projet de loi de finances 2026. Celles-ci visent principalement à mieux intégrer le secteur informel dans l'économie, à lutter contre la fraude et à harmoniser les règles fiscales. La ligne de crédit flexible du Maroc auprès du FMI (d'environ 4,5 milliards de dollars) a été renouvelée en avril 2025 pour une période de deux ans et est considérée comme une mesure de précaution par les autorités, à utiliser en cas de chocs économiques défavorables. Dans l'ensemble, à mesure que le déficit se stabilise progressivement, le ratio dette/PIB diminuera grâce à une croissance plus forte. La dette publique du Maroc est assez résistante aux chocs externes en raison de sa structure (75 % domestique, libellée en dirhams et principalement à moyen et long terme) et du régime de change du pays (parité pondérée avec des bandes de fluctuation ajustables).

Une position extérieure solide malgré d'importants besoins d'importation

Bien que ses facteurs déterminants resteront globalement inchangés en 2026, le déficit courant se creusera légèrement. Cela s'expliquera principalement par l'aggravation du déficit commercial déjà important. Les exportations de phosphate, qui ont été soutenues ces dernières années, ralentiront en raison d'une baisse attendue des prix du phosphate diammonique. Si l'industrie automobile marocaine reste compétitive en termes de coûts, la faiblesse de la demande en Europe pèsera sur les volumes d'exportation. De même, les exportations de vêtements continueront à souffrir d'une faible demande extérieure. Les importations continueront d'augmenter malgré la baisse des prix du pétrole, sous l'effet des achats d'équipements pour les projets d'infrastructure et d'une demande intérieure robuste. Toutefois, le déficit commercial structurel du Maroc est en grande partie compensé par l'excédent des services, alimenté par les recettes du tourisme, et l'excédent des revenus secondaires, qui bénéficie des flux importants de transferts de fonds provenant des travailleurs expatriés installés dans l'UE et les pays du Golfe. Le déficit sera confortablement financé par des prêts extérieurs et des IDE (entrées nettes estimées à 1,5 % du PIB). Les réserves de change, qui couvraient environ 5,5 mois d'importations à la fin de 2025, sont adéquates et devraient le rester en 2026.

Les élections approchent dans un climat social tendu

Les élections législatives marocaines de 2021 ont marqué un changement considérable dans la composition du Parlement, le Rassemblement national des indépendants (RNI) devenant le premier parti avec 102 sièges sur 395 à la Chambre des représentants et 27 sièges sur 120 à la Chambre des conseillers. Son leader, Aziz Akhannouch, a ensuite formé un gouvernement de coalition avec le Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM, 87 et 19 sièges) et le Parti de l'Istiqlal (PI, 81 et 17 sièges), ce qui lui a donné la majorité absolue dans les deux chambres. Les prochaines élections à la Chambre des représentants sont prévues pour septembre 2026. Akhannouch ayant annoncé qu'il ne participerait pas aux prochaines élections législatives, le RNI sera probablement dirigé par Mohamed Chouki, l'actuel président du groupe parlementaire. Dans l'ensemble, la même coalition devrait rester au pouvoir, même si la répartition des sièges pourrait légèrement changer, l'opposition étant trop fragmentée pour contester l'alliance RNI-PAM-PI. Cependant, le climat social, déjà tendu en 2025, exigera des partis qu'ils aillent au-delà de la simple continuité et s'attaquent aux problèmes sociaux. En particulier, les relations entre la jeunesse et la sphère politique se sont détériorées ces dernières années. Cela a culminé avec les manifestations GenZ 212 en octobre 2025, dont les principales revendications portaient sur le sous-financement de la santé et de l'éducation par rapport au surfinancement des infrastructures sportives, le manque d'opportunités (et le taux de chômage élevé chez les jeunes en milieu urbain), les inégalités sociales et le fossé avec la classe politique. Bien que des réformes visant à améliorer la participation politique et à augmenter le financement des services publics aient été mises en œuvre, les attentes à l'égard du nouveau gouvernement pour qu'il réponde à ces enjeux restent élevées.

Sur le plan extérieur, les relations avec l'Algérie resteront le principal point de tension, en raison du soutien apporté par cette dernière au Front Polisario, qui contrôle un tiers du Sahara occidental. Si les relations diplomatiques avec l'Espagne et la France (les deux principaux partenaires commerciaux du Maroc) se sont améliorées ces dernières années, après que ces deux pays ont approuvé le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental, les relations globales avec l'Union européenne sur cette question restent complexes. Néanmoins, le Maroc reste un partenaire essentiel pour le contrôle des flux migratoires, et les relations commerciales devraient également s'intensifier à mesure que les industries marocaines s'intègrent de plus en plus dans les chaînes de valeur européennes. Compte tenu du contexte géopolitique actuel, les bonnes relations du Maroc avec les États-Unis et leur administration actuelle méritent d'être soulignées. En témoigne la décision prise en janvier 2026 de rejoindre le « Conseil de paix » du président Trump, le Maroc étant le premier pays africain à le faire. Le Maroc continuera également à renforcer ses liens avec les pays d'Afrique subsaharienne, la coopération « Sud-Sud » restant un élément clé de la politique étrangère du pays, à travers des projets phares tels que le gazoduc Afrique-Atlantique avec le Nigeria et la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest.

Conditions de Paiement et Moyens de Recouvrement

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Paiement

Le virement bancaire est en train de devenir le moyen de paiement le plus courant pour les transactions nationales et internationales. Le chèque, qui reste un moyen de paiement courant, constitue un titre de reconnaissance de dette efficace, dans la mesure où le débiteur peut être poursuivi en cas de défaut de paiement. La lettre de change est aussi un moyen de paiement intéressant, car elle est une source de financement à court terme par escompte, échelonnement ou virement. Le billet à ordre est utilisé pour garder une trace des détails financiers concernant les dettes personnelles, les dettes d’affaires et les transactions immobilières. Il s’agit d’un contrat juridiquement contraignant, qui peut être utilisé au tribunal si le débiteur n’honore pas sa dette. En cas de litige, un billet à ordre constitue une preuve fiable d’un paiement convenu et donc de l’existence d’une dette.

Recouvrement des créances

Phase amiable

Tout recouvrement de créance doit commencer par une tentative de règlement amiable. La première étape consiste à contacter le débiteur par différents biais (téléphone, avertissements écrits comme des lettres de rappel, les courriers électroniques ou les notifications extrajudiciaires, etc.). Les négociations, qui peuvent être intenses, portent sur des points tels que le nombre de versements, l’éventualité d’une annulation de la dette, les garanties/sûretés, ou le calcul des intérêts pendant la période de grâce. La loi marocaine autorise un avocat à reconnaître la signature du débiteur dans le cadre d’un plan de paiement, lequel doit être signé, certifié et légalisé par les autorités compétentes au Maroc. L’avocat des créanciers peut ensuite utiliser ce plan de paiement comme reconnaissance de dette en cas d’action en justice.

Procédure judiciaire

Le Maroc possède un système juridique qui relèvent de la tradition juridique française, et des tribunaux qui relèvent de la tradition islamique (qui concernent exclusivement le statut personnel des justiciables). Parmi les tribunaux, on trouve des juridictions de proximité, chargées du règlement des litiges entre particuliers, les tribunaux de première instance compétents en matière civile, les tribunaux de commerce, qui traitent des différends commerciaux, les cours d’appel, compétentes en matière civile et administrative, et la Cour de cassation.

Procédure en urgence

Lorsque la dette est liée à un titre ou à une promesse reconnue, il est possible d’obtenir une injonction de payer. Il faut pour cela envoyer une requête au greffe du tribunal compétent. La dette doit être avérée, liquide (c’est-à-dire libre), exigible, et ne faire l’objet d’aucune contestation. Si le défendant ne présente pas de défense dans un délai de huit jours, il est possible d’obtenir une décision exécutoire. S’il présente une défense dans un délai de huit jours après réception de l’injonction de payer, le dossier est renvoyé en procédure ordinaire. Toutefois, la chambre des appels du tribunal de première instance ou la cour d’appel peut, suspendre par arrêt motivé, partiellement ou totalement l’exécution.

Procédure ordinaire

La procédure s’ouvre par l’envoi d’une assignation au débiteur après dépôt d’une requête par les représentants du créancier devant le tribunal compétent. Le débiteur peut alors présenter une défense dans un délai prescrit par le juge et déposer une demande reconventionnelle. Il peut être nécessaire d’organiser plusieurs audiences consacrées au dépôt et à la transmission des documents écrits et des éléments de preuve éventuels.

L’audience principale ordonnée par le juge est l’occasion d’entendre les plaidoiries. Débats et plaidoiries sont diligentés par le juge au cours de l’audience publique. Les juges débattent ensuite sur les moyens, les motifs et la décision. Après délibération, une décision motivée est rendue par le juge. L’ensemble de la procédure dure généralement en moyenne, 14 mois.

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Exécution d’une décision de justice

Une décision devient exécutoire dès lors que toutes les possibilités d’appel ont été épuisées. Une ordonnance de saisie permet de saisir et de vendre les biens du débiteur.

La législation marocaine oblige les tribunaux à reconnaître les sentences étrangères, y compris celles qui sont émises dans des pays qui ne sont pas signataires d’un traité d’application réciproque avec le Maroc. Pour obtenir l’application d’une sentence étrangère, il faut déposer auprès du tribunal l’exemplaire original de la sentence, accompagné d’un document certifiant qu’elle n’a pas fait l’objet d’un appel. Quand un étranger obtient un jugement final qu’il entend faire appliquer au Maroc, c’est une procédure d’exequatur qui s’engage, de même que pour l’application de sentences marocaines à l’étranger. Il existe deux procédures de réalisation : l’une est strictement marocaine ; l’autre est déterminée par la signature d’un accord bilatéral entre le Maroc et d’autres pays, notamment l’Allemagne, la Belgique, les États-Unis, les Émirats arabes unis, l’Espagne, la France, l’Italie et la Libye.

Procédure d’insolvabilité

Les procédures d’insolvabilité sont régies par le livre V du Code du commerce. Elles comportent un volet informel visant à prévenir les difficultés du débiteur (procédure d’alerte et procédure de règlement à l’amiable) et un volet formel (procédures de redressement judiciaire et de liquidation judiciaire).

Suite à la situation de la COVID-19, le Maroc a pris deux mesures dans le cadre de la procédure d’insolvabilité :

La possibilité pour les sociétés débitrices d’entreprendre la procédure de demande d’un délai de grâce afin de leur permettre de suspendre légalement les paiements. (à condition que l’insolvabilité soit causà condition que l’insolvabilité soit causée par le COVID-19)

La possibilité d’obtenir un crédit relance dédié au entreprises impactées par la COVID-19.

PROCÉDURE D’ALERTE

Cette procédure d’alerte relève de l’initiative des partenaires ou auditeurs de la société (auditeurs externes engagés par l’entreprise pour redresser la situation financière), qui ont le devoir de prévenir le gérant de l’entreprise de toute possibilité de redressement dans un délai de huit jours. Si aucune mesure n’est prise pour régler la situation dans un délai de 15 jours, il convient de convoquer une assemblée générale afin de décider de la façon de redresser la situation en s’appuyant sur le rapport de l’auditeur.

RÈGLEMENT À L’AMIABLE (LA CONCILIATION)

La procédure de règlement amiable est réservée aux sociétés commerciales, aux négociants et aux artisans qui rencontrent des difficultés financières sans toutefois être insolvables. Lorsqu’elle est engagée, le débiteur est placé sous la supervision du tribunal qui désigne pour une période de trois mois un  conciliateur externe chargé de l’aider à parvenir à un accord avec tous ses créanciers ou avec ses « principaux créanciers ». Ces derniers ont droit à la totalité de leur créance, mais le conciliateur peut proposer un arrangement amiable, ou les créanciers peuvent céder une partie de la dette s’ils le souhaitent. Une fois l’accord éventuel approuvé par le tribunal, toute procédure judiciaire liée aux dettes couvertes par l’accord est suspendue pour la durée de l’accord de règlement à l’amiable.

PROCÉDURE DE SAUVEGARDE

C'est un mécanisme est destiné à permettre à une entreprise de se réorganiser afin de continuer à vivre. Pour en bénéficier, la société devra établir qu’elle n’est pas en état de cessation de paiements. Mais, dans le cadre de cette procédure, on permet encore de négocier avec vos créanciers, afin d'éviter d'en arriver à cette cessation de paiements, au redressement judiciaire. C'est l’entreprise qui saisit le tribunal, lequel prononce un jugement d'ouverture de la procédure de sauvegarde. La procédure commence par la période d'observation, d'une durée de six mois (renouvelable une fois) pendant laquelle l'administrateur judiciaire, en collaboration avec le gérant, établit le « bilan économique et social » (BES) de l'entreprise : un point sur l'origine des difficultés, la situation financière actuelle, les mesures de redressement à envisager et les perspectives qui en résultent. Pendant cette période, l’entreprise prend les mesures propres à redresser la situation, et elle aide l'administrateur à élaborer un plan de sauvegarde. L'adoption d'un tel plan par le tribunal marque la fin de la période d'observation et le début du plan proprement dit, dont la durée peut aller jusqu'à cinq ans. Là encore, le gérant reste maître à bord de son entreprise mais, surtout, la société va bénéficier de mesures radicales que le tribunal peut seul imposer :

suspension des échéances des dettes ;

arrêt des poursuites individuelles ;

obligation pour tous les créanciers de déclarer leurs créances ;

arrêt du cours des intérêts.

REDRESSEMENT JUDICIAIRE

Cette procédure n’est disponible qu’aux débiteurs en cessation de paiements dont la situation financière n’est toutefois pas irréversible. Le tribunal désigne un juge commissaire et un mandataire judiciaire (désigné par le tribunal dans le cadre d’une procédure d’insolvabilité ou de liquidation judiciaire, agit également comme syndicat). Au cours de cette procédure, la société débitrice poursuit son activité et reste en la possession de ses dirigeants. La procédure de redressement peut déboucher sur la réorganisation de l’entreprise débitrice ou sur sa liquidation. Le mandataire judiciaire prépare un rapport sur la situation de la société dans un délai de quatre mois à compter de l’ouverture de la procédure. Dans ce rapport, il recommande un plan de continuation pour le débiteur, la vente de l’entreprise, ou encore sa liquidation. Le tribunal est alors tenu de rendre une décision sur la base de ce rapport. Dans le cadre de cette procédure, les créanciers n’ont pas la possibilité de donner leur avis sur les options disponibles.

LIQUIDATION JUDICIAIRE

La mise en liquidation judiciaire rend toutes les dettes du débiteur dues et exigibles. Les créanciers marocains disposent d’un délai de deux mois pour soumettre leurs réclamations. Ce délai est étendu à quatre mois pour les créanciers qui vivent à l’étranger. Il peut être mis un terme prématuré à la procédure de liquidation avant distribution si le débiteur n’a plus de dette, le mandataire judiciaire dispose de fonds suffisants pour rembourser intégralement tous les créanciers, ou le débiteur ne dispose pas des fonds suffisants pour payer les frais de liquidation judiciaire.

Le droit marocain n’établit pas de règles précises en matière de priorité des réclamations dans le cadre d’une procédure d’insolvabilité. Cependant, certains créanciers bénéficient d’un statut privilégié : salariés, trésor public, organismes sociaux, créanciers dans le cas d’une procédure de conciliation collective, et enfin, les créanciers non garantis.

Dernière mise à jour : janvier 2026