Études économiques
Suriname

Suriname

Population 0,6 million
PIB par habitant 4 787 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 1,1 -15,9 0,7 1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,4 34,9 54,0 32,0
Solde public / PIB (%) -21,9 -13,2 -8,2 -11,3
Solde courant / PIB (%) -11,3 9,0 3,4 -2,0
Dette publique / PIB (%) 85,3 148,2 140,5 138,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minérales (or, pétrole, gaz, bauxite) et potentiel agricole (riz, banane) et sylvicole (bois)
  • Soutien des bailleurs internationaux et des investisseurs étrangers
  • Forêt équatorienne couvrant 95% du territoire
  • Aide financière des Pays-Bas, l’ancienne puissance coloniale, et remises des expatriés (4,3% du PIB en 2020)
  • Membre actif de la Communauté caribéenne (CARICOM)

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée : dépendance à l’or, au pétrole, et à l’aluminium
  • Poids de l’économie informelle (30 % du PIB) avec les casinos, l’orpaillage et la contrebande
  • Difficultés dans la gestion des entreprises publiques
  • Dette publique non viable
  • Insuffisance des infrastructures de transports (routes, ports)
  • Climat des affaires difficile, justice peu efficace
  • Secteur bancaire vulnérable : part élevée de prêts douteux et faible profitabilité
  • Accès difficile au crédit
  • Manque de main d’œuvre qualifiée

Appréciation du risque

La forte inflation pèse

Alors que l’économie était déjà chancelante, l’irruption de la pandémie de la COVID-19 a provoqué une forte contraction de l’activité en 2020. Le pays peine toujours à s’en relever, et l’année 2022 devrait être marquée par une très modeste croissance.

 
Fin 2020, le Suriname s’est retrouvé en défaut de paiement sur sa dette publique. Afin de l’aider à faire face à la crise, le pays a négocié auprès du FMI une Facilité de crédit élargie d’un montant de 690M USD (environ 15% du PIB) sur 36 mois. Si l’accord de principe a été obtenu en avril 2021, son approbation définitive par le FMI n’est intervenue qu’en décembre 2021, après que le Suriname a adopté en juin 2021 un régime de change flottant. Une forte dépréciation de la monnaie nationale s’en est suivie, l’inflation s’est envolée, engendrant un appauvrissement des ménages dont la consommation (60% du PIB en 2019) s’est trouvée entravée. A mesure que les réformes, notamment fiscales et monétaires, sont mises en œuvre, l’inflation devrait décroître. Toutefois, la consommation restera contrainte en 2022, alors que le climat d’incertitude perdure. Compte tenu du taux de vaccination (40% en décembre 2021), la population demeure très exposée au risque sanitaire, et le gouvernement maintient les mesures drastiques de distanciation.

 
A l’inverse, l’investissement étranger devrait être porteur. La découverte de nouveaux gisements d’hydrocarbures, ainsi que l’exploration de nouveaux blocs, au large de la côte, généreront, probablement dès 2022, des investissements conséquents de la part des entreprises majeures de ce secteur, qui constitueront une source de croissance. En 2022, un investissement de 100 millions de dollars américains est, déjà, attendu de la part de DP World (Dubaï), pour la construction d’une base d’exploitation offshore. Cependant, pour le moment, l’or reste la principale ressource exportée (plus de 75% du total, plus d’un tiers du PIB), et la mine Merian exploitée par Newmont devrait augmenter sa production de 320 000 à 350 000 onces en 2022.

 

Une aide internationale indispensable à la restructuration de la dette

L’amendement de la loi sur la dette nationale, en novembre 2019, a permis de supprimer le plafond de 60 % du PIB pour la dette publique, un plafond crevé à la suite de déficits successifs élevés dans un contexte de faible croissance. Suite à la dévaluation de sa monnaie et au dévissage de l’activité, le pays a été confronté à une explosion de sa dette, pour se retrouver en défaut de paiement fin 2020. Le pays a, alors, entamé des négociations en vue de la restructuration de sa dette, avec le soutien du FMI. Le gouvernement a ainsi proposé une décote nominale de la dette à hauteur de 70% sur les Eurobonds 2023 et 2026 (1/3 de la dette totale) et une décote de 30% aux bailleurs officiels (2/3 de la dette), mais sans être encore parvenu à un accord fin 2021. Le gouvernement travaille avec le soutien du FMI sur des mesures d’assainissement budgétaire, dans le but de réduire l’important déficit des finances publiques. Les mesures envisagées comprennent l’introduction de la TVA, l’élimination des subventions sur l’électricité et l’eau, et la réduction de la masse salariale du secteur public (un cinquième de la population en emploi), qui avait été fortement élargie au cours des dernières années. L’intégralité de ces mesures impactera directement la population. Pour faire face à la crise, en plus de la Facilité de crédit du FMI, le pays bénéficiera, entre 2021 et 2025, du soutien financier de la Banque Interaméricaine de Développement, à hauteur de 450 millions de dollars.

 
La dévaluation de la monnaie, avec son effet repoussoir sur les importations, et une demande accrue pour l’or, la principale exportation du pays, ont eu pour effet de faire passer le solde du compte courant en territoire positif en 2020. Les mêmes causes, renforcées par le passage à un régime de change flottant, l’y ont laissé en 2021. En 2022, la baisse légère des cours de l’or et la reprise des importations, tant de biens de consommation, ralenties par la crise, que de de biens d’équipement, dans le sillage des investissements, pourraient faire réapparaitre un déficit. L’effet de la détérioration de la balance commerciale sur le compte courant sera partiellement compensé par la hausse des transferts des expatriés aux Pays-Bas. Le déficit du compte courant devrait être intégralement financé par les IDE. Les réserves de change représentent environ 8 mois d’imports.

 

Espoir d’une normalisation de la vie politique, encore fondée sur des bases ethniques

Lors des élections législatives de mai 2020, le Vooruitstrevende Hervormings Partij (VHP) représentant historiquement la population indo-surinamaise, mais qui est parvenu à gommer sa dimension ethnique a remporté 20 sièges de députés sur 51 et est, ainsi, devenu le principal parti du pays, à la tête d’une coalition de quatre partis permettant au gouvernement d’avoir la majorité absolue. Après 10 ans au pouvoir, le parti Nationale Democratische Partij (NDP) a refusé de participer à l’élection présidentielle de juillet 2020, si bien que Chandrikapersad "Chan" Santokhi du VHP a été élu président. La victoire du VHP tient de la lassitude des électeurs à l’égard du NDP dont ses mandats ont été marqués par la mauvaise gestion économique et la corruption. L’ancien président Désiré Bouterse, leader du NDP, a été condamné en novembre 2019 à 20 ans de prison pour des exécutions extrajudiciaires de 15 opposants politiques en 1982 lors de la dictature militaire, un jugement confirmé par la cour martiale en août 2021 Sur le plan international, Santokhi est parvenu à fortifier ses relations avec les Etats-Unis et les Pays-Bas, après des relations tendues sous l’ancienne présidence. Le gouvernement aura pour difficile tâche la conduite des réformes structurelles, nécessaires pour la santé financière du pays, mais coûteuses en popularité. 

 

Dernière mise à jour : Février 2022

Haut de page
  • Nederlands
  • Français
  • English