Études économiques
Bénin

Bénin

Population 12,1 millions
PIB par habitant 1 291 $US
B
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 6,9 3,8 5,5 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,9 3,0 1,7 2,0
Solde public / PIB (%) -0,5 -4,7 -4,5 -3,8
Solde courant / PIB (%) -4,0 -3,9 -4,0 -4,3
Dette publique / PIB (%) 41,2 46,1 52,3 48,9

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel élevé de croissance, faible inflation
  • Important soutien financier international (APD, PPTE, IADM)
  • Position stratégique (accès à la mer pour les pays de l’hinterland)

POINTS FAIBLES

  • Forte pauvreté
  • Base d’exportation étroite et volatile (dépendance aux fluctuations du cours du coton)
  • Fourniture en électricité erratique
  • Lacunes en matière de gouvernance : corruption, état de droit, réglementation
  • Impact sur l’activité et les recettes fiscales des décisions de politique économique prises par le Nigeria du fait du poids significatif de la réexportation informelle
  • Menace terroriste provenant du Nigeria voisin et du Sahel
  • Faible rentabilité des banques, faibles recettes publiques

Appréciation du risque

Une consolidation de la croissance tirée par le commerce extérieur et les investissements publics

Après un redressement de l’activité économique en 2021, la croissance devrait conserver sa trajectoire ascendante en 2022. Cette performance sera portée par le commerce, les investissements publics et la consommation. La demande extérieure, principalement pour le coton (20 % des exportations) devrait augmenter en réponse à la reprise de la production textile chez ses partenaires commerciaux, notamment asiatiques (Bangladesh, représentant 69% des exportations de coton en 2020), et soutenir les exportations. Outre les exportations agricoles dynamiques, celles de services devraient être stimulées par la reprise de l’activité portuaire. De plus, la seconde phase du Plan d'action gouvernemental (PAG) devrait être lancée pour accompagner le second mandat du président Patrice Talon, soutenant la consommation publique. Dans ce cadre, le gouvernement prévoit de poursuivre l’investissement dans la modernisation de l’agriculture (29 % du PIB) afin d'accroître les rendements (une hausse des rendements de 70 % était attendue en 2021 pour la filière du coton). L’investissement public concernera également les infrastructures, notamment routières, dans l’ambition de faire du port de Cotonou le plus grand carrefour commercial de la sous-région, et de faciliter la circulation des flux de marchandises vers les régions enclavées. Ainsi, outre les industries agroalimentaires, la construction portera les performances du secteur secondaire (18 % du PIB). Le plan de relance, subventionnant notamment l’eau et l’électricité, devrait soutenir la consommation privée. Elle favorisera la reprise du secteur tertiaire, le plus touché par la crise, et qui sera encore pénalisé par le tourisme, limité par la persistance du risque terroriste et sanitaire.

 

La hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires, particulièrement du riz (un tiers des importations), et du pétrole a intensifié les pressions inflationnistes en fin d’année 2021. Cependant, l’arrimage du franc CFA à l’euro devrait les tempérer, permettant à l’inflation de rester dans la fenêtre cible (de 1 % à 3 %) de la BCEAO.

 

Une légère amélioration des comptes public et courant 

Bien que le gouvernement prévoit d’augmenter les dépenses publiques afin de financer le PAG 2021-2026, il bénéficiera de la hausse des recettes fiscales issues de l’activité portuaire, favorisant une réduction du déficit budgétaire en 2022. Le Bénin continuera de recevoir d’importantes aides de la part des organisations multilatérales, permettant de le financer. Le risque de surendettement du pays sera modéré en 2022 puisque la dette extérieure (plus de 50 % de la dette publique) est constituée à plus de 60 % de dette multilatérale, contractée à des termes concessionnels. Cela devrait ainsi assurer au pays une marge de manœuvre d’endettement afin de poursuivre les projets de développement comme la construction de la « route cotonnière », financée, en partie, par la BAD. De plus, après une première émission d’eurobond en 2019, les autorités ont levé près d’un milliard d’euros en deux tranches en 2021 afin de participer au financement des investissements du PAG. Bien que la dette extérieure soit libellée à 57 % en euro, l’ancrage du franc CFA à cette devise limite le risque.

 

Le déficit courant devrait légèrement se creuser en 2022, dans le sillage du déficit commercial : la croissance des exportations (induite par les performances du secteur cotonnier) ne compensera pas les importations élevées, liées à la réalisation des infrastructures. Le solde des revenus et des services (notamment ceux visant la réalisation des projets), seront toujours déficitaires, tandis que le solde des revenus secondaires restera excédentaire grâce à la coopération internationale courante et aux flux entrants de fonds d’expatriés. Les flux d’investissements (directs et de portefeuille) et les prêts des organisations multilatérales devraient financer ce déficit.

 

Un second mandat déjà sous tension

Traditionnellement l’un des pays les plus stables de l’Afrique francophone, la situation politique et sociale s’est tendue ces dernières années, à mesure que les accusations de recul démocratique sous la présidence de Patrice Talon se sont accumulées. Lors de l’élection présidentielle d’avril 2021, le président, en poste depuis 2016, a été réélu dès le premier tour avec 86,4% des voix, bénéficiant de l’absence des principaux candidats de l’opposition. En effet, l’adoption controversée d’un nouveau code électoral en 2018 a rendu très difficile la participation aux élections, réduisant ainsi la parole des opposants. Les deux figures de l’opposition « Démocrate", Joël Adjivo et Reckya Madougou, dont la candidature commune à l’élection présidentielle a été rejetée par les autorités béninoises, ont été condamnés à de lourdes peines de prison début décembre 2021 pour « atteinte à la sécurité de l’Etat » et « complot d’actes terroristes ». A la veille des élections, l’armée est intervenue pour disperser les manifestations contre l’absence d’opposition à la présidentielle et la politisation du système judiciaire. Le second mandat du président Talon pourrait donc se traduire par une hausse du mécontentement public et des troubles sociaux. Cependant, les actions sociales prévues lors du second mandat du Président, telles que l’investissement dans l’éducation et la santé, pourraient apaiser ces tensions.

 

Par ailleurs, la piraterie dans le Golfe de Guinée est susceptible de menacer l’ambition du pays de devenir un centre de transport régional. De plus, il doit faire face à la précarité de la situation sécuritaire liée à la présence de cellules djihadistes dans les zones frontalières. Ainsi, le risque terroriste devrait rester élevé en 2022, les attaques de groupes djihadistes ayant déjà frappé trois fois le Nord-ouest du pays en décembre 2021.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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