Études économiques
Chimie

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Chute des cours des principaux intrants
  • Robustesse de la demande américaine
  • Chimie de spécialité moins dépendante de la conjoncture

Faiblesses

  • Forte dépendance de la chimie de base à la conjoncture économique
  • Surcapacités en Chine
  • Accroissement des capacités de production de l’éthylène

Evaluation des risques

Les faits marquants
Chimie

Cours du naphta et de l’éthane

Les prix des principaux intrants utilisés dans la production de produits chimiques (Brent, gaz naturel, naphta) ont augmenté tout au long de l’année 2017, bien qu’ils demeurent historiquement bas.

La relative faiblesse des coûts des principales matières premières, notamment celle du naphta, offre du répit aux producteurs européens. L’activité demeure néanmoins en deçà du potentiel du secteur, n’atteignant pas les niveaux connus en 2006, année record pour la production et la consommation.

Les producteurs pétrochimiques américains profitent toujours d’un accès à un gaz naturel peu cher et abondant. Néanmoins la chute des cours du brut a permis aux producteurs européens utilisant du naphta de se remettre en selle, sans réduire l’avantage comparatif des producteurs américains.

Un cours bas du naphta fait aussi les affaires des producteurs chinois. Néanmoins, le développement d’oléfines via le charbon, abondant et peu coûteux, nécessite beaucoup de capitaux, et exerce une forte pression sur l’environnement, dans un contexte de surcapacités dans certains segments de l’industrie chimique, tel le PVC (polychlorure de vinyle).

Demande

La demande mondiale en produits chimiques devrait croître en 2018, grâce à la reprise économique dans la majorité des zones.

En Europe de l’Ouest, l’activité dans la chimie est en progression car la croissance est robuste. Or, l’aléa politique dû aux négociations de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne pourrait avoir une influence négative. Nous anticipons que la majorité des sous-secteurs de l’industrie chimique sera en croissance du fait de la reprise de deux secteurs-clés. L’automobile semble continuer de tirer son épingle du jeu, avec une hausse des ventes de véhicules neufs (environ 4 % à fin octobre 2017, sur un an). La construction est également robuste, avec l’indice des permis de construire des pays de l’Union Européenne (UE) atteignant 110,3 points au second trimestre 2017 contre 100,6 un an auparavant.

La demande en Amérique du Nord en 2018 devrait continuer de croître. En effet, Coface prévoit un taux de croissance du PIB américain de 1,8 % en 2018, du fait des ventes au détail toujours dynamiques. Les ventes de véhicules neufs en 2018 continueront de se contracter, du fait de la remontée des taux d’intérêt, et d’un marché saturé. Les logements privés démarrés sont en recul de 3 % sur un an à fin octobre 2017. Néanmoins les constructeurs semblent optimistes, malgré une difficulté accrue de l’accès au foncier. L’indice NAHB de l’immobilier concernant les constructions à venir, a atteint 70 points, son plus haut depuis mars 2017.

La demande chinoise devrait être contenue en 2018. Nous anticipons une croissance du PIB chinois moins forte en 2018 (+6,2 %) qu’en 2017 (6,5 %). D’une part les ventes de maison ont ralenti en octobre 2017 avec une chute de 3,4 % sur un an. La dette du secteur privé chinoise est très élevée ; notamment celle des développeurs immobiliers qui pourrait atteindre 30 milliards de dollars en 2018. Dans un contexte de politique monétaire restrictive pour restreindre la bulle immobilière, la demande en produits chimiques émanant de la construction devrait rester limitée. D’autre part, les ventes d’automobiles restent fortes et devraient se poursuivent en 2018. À fin octobre 2017, elles ont crû en rythme annuel de 6 %, mais sont moins dynamiques que la moyenne du premier semestre 2017 (+13 %).

Offre

Les cours du brut qui restent historiquement bas, améliorent les marges des chimistes utilisant du naphta.

En Europe en 2018, la reprise de la croissance, ainsi que des cours du naphta bas pourraient bénéficier à la chimie. En 2017, la production de produits chimiques a crû de 3,7 % sur huit mois à fin août, du fait de la hausse des ventes de 8 %. Le cours européen du naphta s’est repris en 2017 (473 USD/t en 2017 contre 386 en 2016). Nous ne nous attendons pas à ce que les cours de naphta augmentent davantage ; par conséquent, son coût ne devrait pas affecter les marges en 2018 (estimée à 7,6 % au T3 2017 contre 6,4 % un an auparavant). De plus, les prix à la production sont en hausse de 5,3 % sur les huit premiers mois de 2017.

Aux États-Unis en 2018, la demande domestique devrait offrir des débouchés aux producteurs. Le cours de l’éthane, à sa sortie du pipeline à Mont Belvieu, s’établissait à 24,7 cents/gallon à mi-novembre 2017, contre 23,4 à mi-janvier 2017 (+ 6 %). Les pétrochimistes américains demeurent donc compétitifs, particulièrement dans les oléfines. Le ratio brent sur gaz naturel est en croissance depuis janvier 2017 et s’établit à 20,5 à fin novembre 2017, toujours à l’avantage des pétrochimistes américains, et devrait croître en 2018. On observe par ailleurs une bonne tenue de la filière aux États-Unis, car l’indice d’activité de l’American Chemistry Council continue de croître, toutefois moins rapidement.

En 2018, l’industrie chimique chinoise continuera à souffrir de surcapacités, affectant la profitabilité. Des producteurs de polyéthylène, et du PVC. À moyen-terme, l’augmentation des capacités de production des oléfines, via le charbon, risque de détériorer la profitabilité des producteurs. En outre, cette technologie fait peser de fortes contraintes sur l’environnement, une question sensible en Chine. En 2017, près des trois quarts de l’éthylène produit en Chine l’ont été à partir du naphta. La chute des cours du brut s’est répercutée sur celui-ci, améliorant les marges.

 

Dernière mise à jour : janvier 2018

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