Études économiques
Biélorussie

Biélorussie

Population 9,5 millions
PIB par habitant 4989 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -3,8 -2,6 1,5 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 13,6 11,8 9,0 7,0
Solde public / PIB (%) 1,9 -1,9 -1,8 -1,5
Solde courant / PIB (%) -3,4 -3,6 -3,2 -3,6
Dette publique* / PIB (%) 53,7 52,5 56,0 57,0

 

*Garantie des dettes des entreprises publiques incluse (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Situation stratégique entre la Russie et l’Union Européenne et réseau de transports bien développé
  • Main d’œuvre relativement bien formée et qualifiée
  • Secteur industriel important
  • Faibles inégalités et pauvreté rare

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance énergétique, économique et financière à l’égard de la Russie
  • Sensibilité au niveau des prix du pétrole et de ses dérivés
  • Omniprésence de l’État dans l’économie (56 % de la valeur ajoutée, 70 % du PIB)
  • Gouvernance médiocre (corruption élevée, système juridique peu protecteur)
  • Diminution de la population active
  • Enclavement géographique entre OTAN et Russie

Appréciation du risque

La croissance reste faible

La modeste croissance perdurerait en 2018. Malgré la persistance d’une politique budgétaire restrictive comprenant des hausses de tarifs publics et des réductions d’aides, la consommation des ménages (55 % du PIB) devrait être mieux orientée. Elle profiterait, sauf dépréciation importante du rouble local, d’une meilleure maîtrise des pressions inflationnistes liée à la mise en place d’objectifs monétaires par la banque centrale. De plus, le salaire minimum et les rémunérations dans leur ensemble pourraient progresser plus vite. Les exportations (63 % du PIB) devraient bénéficier de la reprise en Russie (de loin le premier partenaire commercial), dans les autres pays de la CEI, en Ukraine, ainsi que dans la zone euro. L’augmentation des livraisons de pétrole russe, dont une large part est réexportée après raffinage, contribuera largement, s’agissant du premier poste d’exportation (30 %). L’industrie manufacturière (25 % du PIB), avec, notamment, la chimie (engrais potassés, plastique), l’agroalimentaire (produits laitiers, viande bovine), les camions, les engins de chantier et agricoles, ainsi que la sidérurgie, sera aussi bénéficiaire, tout comme l’agriculture (8 % du PIB avec le bétail et les céréales dont la récolte 2017 a été bonne). À l’inverse, la politique budgétaire devrait encore peser sur l’investissement des nombreuses entreprises à capitaux publics, ainsi que sur le bâtiment et les travaux publics.

 

Un secteur public massif et peu efficace

La dette publique n’a cessé de s’alourdir pour représenter plus de la moitié du PIB. 89 % du total est libellé en devises. Les garanties fournies aux entreprises publiques (à l’origine d’un tiers du PIB) et aux banques publiques (66 % des actifs bancaires) par l’État central ou ses échelons locaux représentent à elles-seules 10 % du PIB, témoignant de la confusion entre État et sociétés publiques. Le secteur public commercial doit s’accommoder d’un manque d’efficacité et des instructions de l’État loin d’être toujours pertinentes. L’assainissement du secteur public sera laborieux du fait des contraintes budgétaires, d’autant que l’État ne semble pas avoir renoncé à l’influencer. Les projets de privatisation et de réorganisation, potentiellement coûteux en termes d’emploi et de popularité, ont été remisés, éloignant la conclusion d’un programme financier avec le FMI. Cette attitude est facilitée par la reprise même limitée de la croissance et le rapprochement avec la Russie qui a permis l’obtention de ressources financières.

 

Des comptes extérieurs influencés par la Russie

Après le refus biélorusse de reconnaître l’annexion de la Crimée et d’accepter une base militaire russe, la Russie a utilisé le prétexte de la mise en place de l’Union Économique Eurasienne en 2015 pour relever le prix du gaz, puis réduire ses livraisons de pétrole. Un accord est finalement intervenu début 2017, mettant fin à une brouille coûteuse pour l’économie biélorusse. La Russie a accordé une augmentation des livraisons de pétrole autorisé à la réexportation, un refinancement des arriérés gaziers pour USD 700 millions, permis le déblocage de USD 600 millions par le Fonds de Stabilisation et de Développement Eurasien (FSDE) et promis un prêt de USD 1 milliard et USD 600 millions supplémentaires du FSDE pour 2018. Le pays a pu, alors, émettre pour USD 1,4 milliards d’euro bonds permettant, à la fois, de renflouer les réserves et d’assurer le service de la dette extérieure (75 % du PIB, 30 % pour sa seule part publique à avril 2017). Cette dette est la contrepartie d’un déficit courant récurrent résultant d’un déficit des échanges de biens non compensé par l’excédent des services lié à l’activité de transit, ainsi que de la modestie des investissements directs étrangers, essentiellement russes.

 

Un président jouant de la confrontation entre la Russie et l’Occident

Le président Alexandr Lukashenko, au pouvoir depuis 1994, a été réélu pour la cinquième fois en 2015. L’opposition politique est anémique. Par contre, le contexte social, jusque-là calme, s’est tendu depuis la crise économique de 2015 provoquée par la brouille avec la Russie et la chute des prix pétroliers. La redistribution et l’augmentation des revenus ont été freinées, tandis que le chômage progressait. La réconciliation avec la Russie, satisfaite de voir la Biélorussie maintenir une certaine distance avec l’Occident permet, dans une certaine mesure, de redresser la situation économique, tout en minorant le coût social des réformes. Cependant, l’amélioration demeure fragile. Le partage avec la Russie des revenus tirés de l’exportation des produits pétroliers transformés à partir de pétrole vendu sous le prix du marché fait régulièrement l’objet de disputes, tandis que la détérioration des relations entre Russie et Occident peut compliquer l’équilibrisme biélorusse. L’utilisation croissante du pays par la Chine comme base productive et exportatrice, dans la cadre de son initiative « One Belt One Road » est un moyen de diversifier les partenaires.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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