Études économiques
Zambie

Zambie

Population 18,9 millions
PIB par habitant 1 023 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 1,4 -3,0 3,1 3,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,1 15,7 22,6 15,0
Solde public / PIB (%) -9,5 -14,2 -10,4 -7,2
Solde courant / PIB (%) 0,6 12,6 9,5 8,1
Dette publique / PIB (%) 88,4 130,4 130,0 130,5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Richesse minière (cuivre, cobalt, uranium, or, diamant, manganèse)
  • Richesse agricole (maïs, tabac)
  • Potentiel hydroélectrique majeur

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au cuivre, accentuée par celle vis-à-vis de la Chine, principale importatrice du minerai
  • Enclavement et dépendance aux voies de communication des pays voisins
  • Production d’électricité insuffisante reposant quasi exclusivement sur l’hydro-électricité, réseaux de transport défaillants
  • Fortes inégalités, carences sanitaires, éducatives et administratives
  • Défaut souverain en 2020 et endettement extérieur insoutenable

Appréciation du risque

Malgré les contraintes budgétaires, la reprise continue

Les prix élevés du cuivre, la mise en service de la centrale hydroélectrique de Kafue Gorge Lower et un retour à la normale des précipitations ont permis à l’économie, en 2021, de renouer avec la croissance suite à sa première année de récession depuis 1998. En 2022, si elle rencontrera encore de nombreux obstacles, l’activité devrait s’affermir dans le sillage de la consommation privée. Les revenus des ménages devraient bénéficier de l’atténuation des pressions inflationnistes alimentées, en 2021, par l’effet de transmission de la dépréciation du kwacha et la hausse des prix alimentaires. Le regain de confiance des investisseurs suite au changement de gouvernement, et les prix favorables du cuivre contribueraient à contenir les pressions sur la devise, soutenant une désinflation progressive en 2022. Elle sera accompagnée par la Banque de Zambie, qui a déjà relevé son taux d’intérêt directeur de 8,5 à 9% en novembre 2021. Si les conditions climatiques restent favorables, le lancement d'un nouveau programme de soutien à l'agriculture pour la saison 2022/23 pourrait aussi soutenir les revenus des ménages (près de 50 % de la population active employée dans le secteur). De plus, la consommation bénéficiera aussi d’une réouverture de l’économie, à mesure que la vaccination contre la COVID-19 progresse. Toutefois, la menace de restrictions planera encore, puisque seule 4 % de la population était pleinement vaccinée fin novembre 2021. Si la COVID-19 continuera de freiner la reprise du tourisme (7 % du PIB en 2019), les recettes qui y sont associées devraient progresser plus fortement en 2022. La production et les prix du cuivre (70 % des exportations) soutiendront également une hausse des recettes d’exportations. La hausse des importations associée à la reprise de la demande domestique devrait néanmoins se traduire par une contribution nette négative des échanges extérieurs. Par ailleurs, la reprise sera aussi soutenue par l’investissement privé. Tandis que les prix élevés du cuivre et la réintroduction de la déductibilité des redevances minières de l’impôt sur les sociétés favoriseront ceux dans le secteur minier, le développement du secteur manufacturier pourrait bénéficier de nouvelles exonérations fiscales pour les investissements orientés vers l’exportation et de la baisse de l’impôt sur les sociétés (de 35 à 30 %). L’assainissement budgétaire induit par le défaut souverain de novembre 2020 pèsera toutefois sur la consommation et l’investissement publics. 

 

La nouvelle administration face aux défis budgétaires

A la faveur d’une hausse des recettes minières et du versement d’un dividende record par la banque centrale, le déficit public s’est réduit en 2021. Il est néanmoins resté élevé, en raison d’une hausse des dépenses publiques, notamment pour le carburant, des subventions aux intrants agricoles, et celles liées aux élections. En 2022, le nouveau gouvernement devrait mettre en œuvre un assainissement budgétaire afin de remettre la dette publique sur une trajectoire soutenable suite au défaut sur la dette extérieure (près de 65 % de la dette publique) en novembre 2020. En attendant des accords avec le FMI et de restructuration de sa dette avec les créanciers privés et la Chine, que les autorités espèrent dès cette année, le budget 2022 projette que son service représentera près de la moitié des dépenses et plus de 75 % des recettes. Alors que les autorités tenteront de préserver les dépenses sociales, notamment en matière de santé et d’aides à l’agriculture, celles d’investissement devraient baisser. La croissance des recettes, grâce à l’activité plus dynamique, devrait être limitée par les exonérations et baisses d’impôts visant à attirer les investissements privés. Afin de limiter l’accumulation de dette, les autorités entendent ne pas contracter de nouveaux prêts non-concessionnels (près de 70 % de la dette extérieure), sauf pour des opérations de refinancement.

 
Encore important en 2021, l’excédent du compte courant devrait se réduire en 2022. La hausse des importations devrait éroder le large excédent commercial, alors que la progression supplémentaire des exportations de cuivre et le rebond des recettes touristiques seront modestes. Les importants paiements d’intérêts sur la dette extérieure devraient également se traduire par un large déficit du solde des revenus primaires. Le modeste excédent du compte des transferts devrait encore rester relativement inchangé. L’allocation en DTS du FMI a permis de renflouer les réserves de change (passées de 2,6 mois de couverture d’importations en juin 2021 à 4,9 en septembre), offrant plus de marges de manœuvre à la Banque de Zambie.

 

Les tensions politiques et sociales s’apaisent suite à la transition

Les élections présidentielles d’août 2021 se sont soldées par la lourde défaite du président sortant Edgar Lungu et du Front Patriotique (PF), dès le premier tour, face au candidat de l’opposition Hakainde Hichilema (Parti uni pour le développement national, UPND). Obtenant plus de 59 % des voix, l’UPND et M. Hichilema mettent fin à 10 ans au pouvoir du PF. En dépit de certaines craintes préalables au scrutin, le transfert de pouvoir s’est opéré relativement paisiblement. Bénéficiant d’une majorité à l’Assemblée (91 sièges sur 165), le nouveau président a annoncé qu'ils prendraient des mesures pour lutter contre la corruption, rétablir la viabilité de la dette, et promouvoir les investissements. Les négociations avec le FMI et les créanciers extérieurs, lancées en 2021, constituent l’une des premières étapes pour atteindre ces deux derniers objectifs. Maîtriser la situation sanitaire et l’accès au vaccin sera aussi une tâche prioritaire. Le climat social, tendu à l’approche des élections, semble en voie d’apaisement, mais la frustration liée à une situation économique fragile, la prévalence de la pauvreté, les tensions entourant le rôle de la Chine, et la COVID-19 pourraient rapidement resurgir.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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