Études économiques
Liban

Liban

Population 6,8 millions
PIB par habitant 2 785 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) -6,7 -26,2 -8,3 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,9 84,9 137,6 84,0
Solde public / PIB (%) -10,9 -5,2 -4,7 -3,0
Solde courant / PIB (%) -24,3 -22,1 -11,7 -11,0
Dette publique / PIB (%) 158,9 255,3 236,9 148,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Situation géopolitique stratégique, à la croisée de trois continents.
  • Possibilité d'attirer l'aide internationale en cas d'engagement du gouvernement dans des réformes fiscales.
  • Potentiel de gaz offshore
  • Potentiel touristique

POINTS FAIBLES

  • Après le défaut de paiement de mars 2020, l'accès aux financements extérieurs reste problématique.
  • Dépendance à l'égard des fonds étrangers pour financer le déficit extérieur.
  • Environnement à forte inflation, monnaie locale faible.
  • Perte d'une partie importante des infrastructures locales après l'explosion survenue à Beyrouth en 2020.
  • Incertitude politique persistante
  • Difficulté à rétablir les flux touristiques en raison des tensions sociales résultant de la crise économique et des faibles niveaux de vaccination.

Appréciation du risque

Les effets de base seront le moteur de la croissance en 2022

Après le défaut de paiement de la dette internationale du Liban en mars 2020, la situation économique s'est fortement détériorée et la production nationale s'est encore contractée en 2021. Malgré la formation d'un gouvernement en septembre 2021, qui a mis fin à une paralysie de 13 mois, de graves difficultés persistent dans un contexte d'hyperinflation, de pénurie de produits de première nécessité tels que les médicaments, de coupures d'électricité, de faibles recettes touristiques et de pénurie de dollars américains, qui pèsent tous sur la consommation et les investissement privés. Seuls 27% de la population étaient entièrement vaccinés à la fin de 2021, ce qui laisse l'économie exposée à une nouvelle série de confinements qui pourraient freiner l'activité commerciale en 2022. La reprise économique, à partir d'une base extrêmement faible, devrait dès lors être très lente et progressive. La consommation privée, qui représente environ 90% du PIB en 2019, sera le principal moteur de croissance en 2022, mais cette croissance sera modérée, car freinée par la hausse des pressions financières et fiscales. D'autre part, les flux de transferts de fonds (20% du PIB en 2020 selon la Banque mondiale) seront cruciaux, car ils peuvent soutenir les revenus des résidents locaux. Les envois de fonds en espèces sont également faibles en raison de la fermeture des frontières et de la réticence de la diaspora libanaise à visiter le pays. L'investissement restera faible en raison des incertitudes financières et politiques, ainsi que de la détérioration des conditions opérationnelles. La reprise timide de la demande intérieure limitera la croissance des importations. De plus, la Banque du Liban devrait lever la plupart des subventions accordées aux importations grâce à ses taux de change sélectifs, mais l'impact dépendra du taux de change qui sera utilisé. La Banque a déjà déclaré en août 2021 qu'elle n'ouvrirait plus de lignes de crédit pour les importations de carburant et ne subventionnerait plus ses achats. En conséquence, les importateurs de carburant ont dû acheter des dollars américains sur le marché noir où la livre libanaise se situait, à l'époque, autour de 20 000 par rapport au dollar américain, bien au-dessus du taux officiel de la banque centrale de 1 500. Les très faibles exportations de biens (4,8 milliards USD en 2020 dont un tiers en métaux précieux et bijoux) continueront à souffrir des instabilités régionales. L'inflation restera élevée en raison d'une monnaie locale en difficulté (affaiblissement de 90% par rapport à l'USD sur le marché parallèle depuis fin 2019) et de la flambée des prix des carburants.

 

Déficits jumeaux et dette élevée persistants

En Avril 2021, le déficit budgétaire s'est réduit de 62,4% par rapport à l'année précédente, les dépenses publiques ayant diminué de 36% en glissement annuel, tandis que les recettes augmentaient de 5%. La baisse des transferts du Trésor à l'Electricité du Liban (EdL) ainsi que des subventions a contribué à cette tendance. Néanmoins, les comptes publics resteront fortement déficitaires en 2022 jusqu'à l'adoption de réformes fiscales visant à contenir les salaires du secteur public. Afin de débloquer le soutien international, devenu minime, le gouvernement a déclaré en octobre 2021 qu'il avait repris les interactions avec le FMI. Les partenaires attendront toutefois la conclusion d'un accord avec le FMI, lequel ne devrait pas intervenir avant le second semestre 2022.

 

Le faible taux de vaccination dissuadera le tourisme entrant (environ 18% du PIB en 2019), réduisant ainsi les recettes touristiques. Couplé à la performance limitée des exportations, cela contribuera au déficit du compte courant, qui restera à deux chiffres en 2022. Les actifs en devises de la Banque du Liban ont diminué de 27% en glissement annuel pour atteindre 18,7 milliards de dollars fin octobre 2021, principalement en raison des subventions sur les produits de base, et ce malgré l'allocation de droits de tirage spéciaux (DTS) de 1,135 milliard USD par le FMI en septembre 2021. Même si la suppression de la plupart des taux de change subventionnés l'aidera à restaurer partiellement ses réserves, celles-ci resteront faibles en raison de l'important déficit de financement extérieur.

 

Une scène politique difficile dans un contexte de tensions régionales croissantes 

La formation d'un gouvernement, après une impasse de 13 mois, constituait une condition préalable à la reprise des discussions avec le FMI et a permis de franchir une étape positive vers l'aide financière internationale tant attendue. Le gouvernement devra toutefois actualiser son plan de relance économique afin de conclure un programme de financement avec le FMI. Le gouvernement pourrait opter pour une progression prudente des réformes demandées afin de maintenir sa popularité avant les élections parlementaires prévues en mars 2022.

 

La montée des tensions géopolitiques pourrait également ajouter aux pressions négatives qui pèsent déjà sur l'économie libanaise. Une vidéo (diffusée fin octobre 2021) montrant une ancienne interview d'un ministre libanais critiquant l'intervention militaire menée par l'Arabie saoudite au Yémen a incité l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn à rappeler leurs émissaires de Beyrouth. L'Arabie saoudite a également interdit toute importation en provenance du Liban et interdit à ses citoyens de se rendre au Liban. Cela pèsera davantage sur les exportations libanaises et aggravera la pénurie de dollars américains.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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