Études économiques
Gabon

Gabon

Population 2,1 millions
PIB par habitant 7 277 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 3,9 -1,8 1,5 3,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,0 1,3 1,7 1,7
Solde public / PIB (%) 2,1 -2,2 -1,7 -1,0
Solde courant / PIB (%) -0,3 -6,0 -3,2 -1,5
Dette publique / PIB (%) 62,4 77,0 72,0 69,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : quatrième producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne (2020) quatrième producteur mondial de manganèse (2020) et parmi les principaux producteurs de bois tropicaux du continent, etc.
  • Volonté de renforcer sa présence sur la scène internationale
  • Efforts de diversification de l’économie entrepris dans le cadre du Plan stratégique Gabon émergent 2010-2025 (PSGE)
  • Potentiel hydroélectrique
  • Membre de la CEMAC

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement tributaire du secteur pétrolier
  • Coût élevé des facteurs de production, lié à l’insuffisance des infrastructures (transport et électricité)
  • Dépendance aux importations alimentaires et biens d’équipement
  • Chômage élevé, pauvreté endémique, faible diffusion de la richesse, informalité de l’économie (estimé entre 40 et 50 % du PIB)
  • Corruption très répandue
  • Stock d’arriérés domestiques et extérieurs pas encore apuré

Appréciation du risque

La reprise, progressive, se poursuit grâce aux secteurs extractifs

Particulièrement atteint en 2020 par la baisse des prix du pétrole (dont les revenus représentent 40 % du PIB) liée à la crise de la COVID-19, le pays poursuivra, en 2022, la reprise amorcée en 2021. Ce rebond sera principalement tirée par la hausse des capacités de production et par la forte demande globale pour les produits d’exportation du pays: produits pétroliers, miniers (manganèse, dont la production a augmenté de 9,8% en glissement annuel en 2021, et uranium), agricoles (huile de palme) et forestiers (objectif d’augmentation de la production de bois dans la zone économie spéciale de Nkok). En 2022, même si sa progression sera tempérée par le vieillissement des champs pétrolifères, la production de pétrole augmentera modestement, grâce à l’arrêt progressif des quotas de l’OPEP+. Les prix du pétrole qui devraient rester favorables en 2022 continueront de soutenir l’activité. Le secteur du tourisme (environ 3,5% du PIB en 2019) devrait également repartir et contribuera à la reprise des exportations. Ainsi, alors que le secteur extérieur devrait bénéficier d’une demande encore soutenue (+24% pour les exportations en 2021), la consommation des ménages sera, elle, entravée par un taux de chômage toujours élevé (plus de 25% en 2021) et la COVID-19 qui peine à être contenue, conséquence d’un faible taux de vaccination (en fin d’année 2021, seul 4,9 % de la population était totalement vaccinée). Les investissements étrangers (9 % du PIB), notamment dans les projets accompagnant la diversification, pourraient aussi soutenir l’activité, à l’image du projet de construction d’une usine de feuilles de placage en bois d’un groupe indien dans la zone d’Ikolo qui prévoit d’embaucher 400 personnes en 2022. La contribution de l’investissement sera toutefois contrainte par sa part publique, les autorités menant un assainissement budgétaire.

 

La lente reprise de la demande intérieure et l’ancrage du Franc CFA à l’euro devraient permettre de maîtriser les pressions inflationnistes.

 

Les déficits jumeaux se réduisent, mais persistent

La baisse des recettes publiques de 20 % lors de la pandémie, imputable à celle des revenus pétroliers, et la hausse des dépenses publiques ont provoqué un déficit budgétaire en 2020. La reprise des revenus pétroliers, une meilleure mobilisation des recettes non-pétrolières et la maîtrise des dépenses courantes ont permis sa réduction en 2021 et feront de même en 2022. Cette amélioration du solde budgétaire aura lieu dans un contexte d’endettement public toujours lourd, ayant conduit le Gabon, en juin 2021, à conclure un accord de 3 ans au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), pour un montant de USD 553 millions afin d’accompagner les mesures structurelles. Après avoir bondi en 2020, la lourde dette publique, majoritairement extérieure (60 % du total en 2021) et détenue par des créanciers multilatéraux (Banque Africaine de développement) et bilatéraux (France, Chine…), devrait reprendre sa trajectoire descendante.

 

Le déficit courant, qui s’était creusé en raison de la baisse des exportations lors de la crise de la COVID-19, continuera de s’améliorer en 2022, conséquence d’une hausse des exportations de pétrole, de bois et de produits miniers. En 2021, un projet de loi qui contraint les entreprises du secteur alimentaire du pays à s’approvisionner en produits agricoles locaux à hauteur de 50 %, a été adopté afin de limiter la facture d’importations (60 % des besoins alimentaires sont importés). Néanmoins, elles continueront de limiter l’excédent commercial, le pays étant tributaire des importations de denrées alimentaires, de produits manufacturés et de biens d’équipement. Le déficit courant sera alimenté par les déficits du compte des services (9 % du PIB), grevé par les importations de services techniques et de transport permettant l’exploitation pétrolière, et de celui des revenus primaires (11 % du PIB), lié aux rapatriements de profits des investissements. L’appui du FMI et les investissements étrangers devraient contribuer à financer le déficit.

 

Après des années de crise, la frustration sociale est encore élevée

Le président Ali Bongo Ondimba, en poste depuis 2009, après avoir succédé à son père, a été réélu dans le tumulte en 2016. Il sera encore favori à sa propre succession lors des élections présidentielles de 2023 face à une opposition divisée. Après plusieurs mois d’absence liés à des soucis de santé en octobre 2018, un amendement constitutionnel a été adopté, en décembre 2020, réglant la question de la vacance du pouvoir. Le pouvoir serait temporairement transféré aux présidents des chambres du Parlement et au ministre de la défense. En attendant les prochaines élections, les autorités pourraient se heurter à des mouvements sociaux liés au chômage, au taux de pauvreté (30 % de la population en dessous du seuil national de pauvreté), à l’austérité budgétaire ou aux difficultés pour contenir la COVID-19. Le gouvernement sera également jugé sur sa crédibilité en matière de lutte contre la corruption. La frustration du public pourrait aussi être alimentée par l’apparition du nom du président dans les documents des Pandora Papers. En matière de relations internationales, ayant obtenu un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies en 2021, le Gabon jouera un rôle géopolitique dans la promotion de la préservation de l'environnement et de la résolution des conflits régionaux. Déjà proche de la Chine et de la France, le pays ambitionne de devenir membre du Commonwealth, ce qui permettrait d’approfondir les liens diplomatiques et économiques avec le Royaume-Uni. L’intégration du Gabon pourrait avoir lieu dès 2022.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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