Études économiques
Bolivie

Bolivie

Population 11,6 millions
PIB par habitant 3 168 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 2,2 -8,8 5,5 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,8 1,0 1,0 3,0
Solde public / PIB (%) -7,2 -12,2 -9,7 -8,0
Solde courant / PIB (%) -3,4 -0,5 0,5 -1,5
Dette publique / PIB (%) 48,2 67,0 73,0 76,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (gaz, pétrole, zinc, argent, or, lithium, étain, manganèse) et agricoles (soja, quinoa)
  • 15e exportateur mondial de gaz naturel
  • Membre de la Communauté andine et membre associé du Mercosur
  • Potentiel touristique
  • Monnaie arrimée au dollar américain

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée, dépendante des hydrocarbures et des minerais
  • Faible développement du secteur privé et forte dépendance au secteur public
  • Pays enclavé
  • Secteur informel important (3/4 des entreprises et 60% des ménages)
  • Mauvais environnement des affaires
  • Insécurité, narcotrafic, corruption
  • Risques de troubles sociaux, clivages importants dans le pays
  • Accès limité au financement externe
  • Violation des droits humains
  • Risque potentiel de crise de la balance des paiements et/ou de la dette souveraine en cas d'abandon de l’arrimage de la monnaie et de retards d’ajustement

Appréciation du risque

Une reprise économique modérée

En 2022, l'économie continuera à se redresser, mais à un rythme plus lent, entraînée par d'une consommation privée et publique modérée, et compte tenu d’une demande extérieure limitée. La consommation privée augmentera légèrement car les restrictions liées à la pandémie ont été levées et les campagnes de vaccination devraient s’intensifier (35 % de la population totale entièrement vaccinée à la fin novembre 2021). Les dépenses publiques pourraient augmenter modérément, les autorités ayant envisagé des investissements dans des domaines productifs tels que les infrastructures, la santé et l'éducation. Dans le même temps, la croissance des investissements publics sera limitée par l'assainissement budgétaire et le niveau de la dette publique. Les exportations de gaz naturel augmenteront légèrement, et bénéficieront de la hausse des prix internationaux. Toutefois, les volumes de gaz naturel exportés vers l'Argentine et le Brésil pourraient diminuer à mesure que la sécheresse s'atténue au Brésil et que l'Argentine commence à donner la priorité à l'expansion de ses capacités et du raccordement de son propre réseau de gazoducs. En outre, l'épuisement progressif des réserves et les investissements limités pourraient peser sur l'offre. Les ressources nationales, principalement le gaz naturel et les minéraux, resteront nationalisées et les entreprises d'État continueront à jouer un rôle important dans l'économie. Les exportations de minéraux et de soja pourraient augmenter faiblement en raison de la hausse de la demande mondiale, mais pourraient pâtir de perturbations des chaînes d'approvisionnement.

 

Un assainissement budgétaire lent

Le solde budgétaire restera fortement déficitaire même si une légère réduction pourrait être attendue en 2022, compte tenu des intentions d’assainissement budgétaire du gouvernement. Les recettes publiques devraient légèrement augmenter grâce à la poursuite de la reprise économique et aux recettes de l'impôt direct sur les hydrocarbures (15 % des recettes totales). De plus, l'impôt sur la fortune adopté en décembre 2020 a eu pour effet d’augmenter les rentrées de recettes déjà importantes. Par ailleurs, nous anticipons une réduction modérée des subventions aux hydrocarbures (1,5 % du PIB). Enfin, les importations d'hydrocarbures (essence, diesel) devraient être progressivement remplacées car les autorités, la compagnie pétrolière publique GPFB et les usines de canne à sucre de Santa Cruz ont conclu un accord sur l'achat d'éthanol (160 millions de litres d'éthanol en 2022, soit 45 % de plus qu'en 2011), mais cette nouvelle donne sera tributaire du respect de l'accord. Le financement du déficit, bien que reposant encore largement sur des sources intérieures, notamment la banque centrale, devrait faire de plus en plus appel à des donateurs et bailleurs de fonds multilatéraux tels que le FONPLATA (100 millions de dollars), la BIRD et la BID (programmes pilotes pour la résilience climatique) et la Banque Mondiale via les plans du Fonds pour l'environnement mondial (1,5 million de dollars). La dette augmentera encore, même si la part extérieure restera faible (31 % du PIB en 2021) et à des conditions largement concessionnelles.

 

La balance des comptes courants devrait revenir à un léger déficit en 2022. L'excédent commercial modeste, mais exceptionnel, de 2021 pourrait diminuer en raison de la baisse de la demande régionale de gaz. En outre, les troubles sociaux et les nouvelles restrictions à la mobilité pourraient entraver la production et les exportations de minéraux. La contrebande d'or demeure un problème pour les exportations boliviennes et une société de commerce de l'or pourrait être créée pour régler ce problème. Les restrictions et contrôles liés à la pandémie, principalement à l'étranger, continuent d'avoir un impact négatif sur les flux touristiques (7 % du PIB avant la crise de la COVID-19). Les envois de fonds des expatriés (3 % du PIB) ont enregistré une augmentation modérée au cours du premier semestre de 2021 en raison de la progression des campagnes de vaccination dans certains pays d'accueil (Espagne, Chili, États-Unis), qui ont contribué à leur reprise économique. Les investissements directs étrangers continueront de contribuer modestement au financement du déficit en raison d'un environnement des affaires médiocre. Les réserves internationales continueront de diminuer en 2022 (5,6 mois d'importations à la fin d'octobre 2021). Un abandon potentiel de l’arrimage de la monnaie entraînerait une dévaluation progressive, mais un ajustement retardé pourrait entraîner une crise de la balance des paiements.

 

Le MAS reste la principale force sur la scène politique nationale

Le candidat de gauche du Movimiento al Socialismo (MAS), Luis Arce, a remporté l'élection présidentielle avec 55,1 % des voix et est entré en fonction en novembre 2020. Le MAS dispose de la majorité à la chambre haute  et à la chambre basse. Par la suite, lors des élections locales, qui ont eu lieu en mars 2021, le MAS a vu ses résultats électoraux baisser dans les principales zones urbaines. Malgré sa solide victoire électorale, la popularité de M. Arce n'a cessé de diminuer dans les sondages (en novembre 2021), certaines contestations portant sur sa propre personne, la corruption politique et la détention (octobre 2021) de l'ex-présidente intérimaire, Jeanine Áñez. Par ailleurs, compte tenu de la part prépondérante du secteur informel dans l'économie (notamment dans l'extraction et le commerce de l'or), la loi 1386, dite «  ley madre », qui visait à lutter contre le blanchiment d'argent et la corruption, a irrité de nombreuses catégories avant d'être abrogée par M. Arce après d'importantes manifestations et troubles sociaux. L'administration Arce maintiendra les alliances avec les partisans traditionnels du MAS et adoptera une approche moins conflictuelle avec l'UE et les États-Unis.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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