Études économiques
Salvador

Salvador

Population 6,5 millions
PIB par habitant 3 799 $US
D
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 2,4 -8,9 7,0 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 -0,1 3,9 2,0
Solde public / PIB (%) -1,8 -9,0 -7.5 -4,5
Solde courant / PIB (%) -0,6 0,5 -4,1 -3,4
Dette publique / PIB (%) 71,0 85,8 90,3 94,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Relative diversification économique
  • Accords de libre-échange avec l’Amérique centrale et les Etats-Unis (CAFTA-DR), ainsi qu’avec le Mexique et l’UE, et membre de l’union douanière avec le Guatemala et le Honduras, et avec la Corée du Sud
  • Démographie forte

POINTS FAIBLES

  • Forte criminalité et insécurité liées au trafic de drogue
  • Manque de ressources naturelles
  • Vulnérabilité climatique et sismique
  • Insuffisance des infrastructures et de l’investissement
  • Dépendance envers les Etats-Unis (première destination des exportations et principale source de remises des expatriés)
  • Fragilité structurelle des comptes publics et extérieurs
  • Inégalités et pauvreté importantes

Appréciation du risque

Retour à une croissance de long terme structurellement contrainte et dépendante des Etats-Unis

La croissance du pays restera fortement dépendante de l’activité économique chez son principal partenaire commercial et pourvoyeur de remises migratoires, les Etats-Unis. La demande externe devrait tirer les exportations nettes, notamment les exportations de puces électroniques, produits agricoles ainsi que de pièces textiles. Les remises des expatriés, dont 95% sont issues des Etats-Unis, devraient rester très dynamiques après avoir atteint de nouveaux records en 2021, grâce à une baisse du chômage au sein des populations latinos aux Etats-Unis (6,4% en août 2021 contre 5,2% pour la population générale) et au maintien du Temporary Protected Status pour une partie des expatriés aux Etats-Unis jusqu’au mois de décembre 2022. Ces remises (24% du PIB en 2020) profiteront à la consommation des ménages, principale source de croissance de la demande interne. L’inflation devrait ralentir avec une stabilisation du prix des matières premières et de la facture pétrolière. L’adoption du bitcoin, comme seconde monnaie officielle aux côtés du dollar, pourrait toutefois provoquer une certaine instabilité des prix et peser sur les revenus des ménages. Les investissements publics devraient rester contraints par les difficultés de financement public et une exécution budgétaire faible (seulement 12,8% des dépenses publiques prévues en 2021 au premier semestre de l’année), malgré les projets dans le budget 2022. L’investissement privé souffrira du manque de confiance des investisseurs dans la politique du gouvernement, notamment après l’application très critiquée de la loi sur le Bitcoin en septembre 2021, et les relations tendues avec les Etats-Unis. Le secteur agricole devrait bénéficier de la hausse des prix du sucre, conséquence de la sécheresse au Brésil, l’un des principaux producteurs mondiaux. L’activité manufacturière devrait être dynamisée par la croissance du secteur des maquilas à qui profiteront la hausse de la demande externe, notamment pour l'électronique et le textile-habillement.

 

Faiblesse des comptes publiques et courant

Alors que la dette salvadorienne était déjà largement supérieure au niveau de celle de ses voisins, la pandémie n’a fait qu’accroître la différence, accentuée par les doutes des investisseurs sur la politique budgétaire du gouvernement qui ont alourdi la charge d’intérêt. Le budget 2022 prévoit une diminution du déficit, mais il restera en partie financé par l’endettement commercial, alors que les taux d'intérêts sur les obligations émises par le gouvernement atteignent des records, 23% en septembre 2021 sur les échéances les plus courtes.. L’adoption du bitcoin pèsera sur les comptes publics via les dépenses nécessaires à son bon fonctionnement. Vivement critiquée par les organisations internationales, elle pèse sur les négociations avec le FMI afin d’obtenir une Facilité élargie de crédit à hauteur de USD 1,3 milliards et de refinancer une partie de la dette à moindre taux d’intérêt. Une partie des financements nécessaires devraient à nouveau venir d’autres organisations multilatérales (Banque Mondiale, BCIE), mais les tensions avec les Etats-Unis pourraient rendre l’obtention d’autres prêts plus difficile. Dans ce contexte, le risque d’un financement sur les réserves de change de la banque centrale, utilisées pour financer une partie des aides pendant la pandémie, existe.

 

Du point de vue des comptes extérieurs, le déficit courant devrait diminuer grâce à un rebond des exportations de biens, tirées par la demande américaine, tant en produits textiles, qu’en plastique, caoutchouc, et produits agricoles (sucre, café). Les importations devraient être moins dynamiques avec le ralentissement de l’activité, notamment pour les biens d’équipement. Les remises des expatriés devraient aussi participer à réduire le déficit courant en restant dynamiques. Toutefois, ce dernier restera substantiel et ne sera pas compensé par les investissements directs étrangers qui resteront fébriles. Cela devrait peser sur les réserves de change déjà fragilisées (-19% entre juin 2020 et 2021) qui ne représentaient plus qu’un peu plus de deux mois d’importations en août 2021. L’adoption du bitcoin comme monnaie officielle à côté du dollar fait aussi peser un risque sur ces réserves avec le besoin d’assurer la convertibilité du bitcoin en dollar.

 

Fin des affrontements entre les branches du pouvoir, mais tensions accrues avec l’extérieur

Depuis son élection à la présidence en février 2019, l’ancien outsider Nayib Bukele bénéficie d’une large popularité au sein de la population grâce à un discours populiste axé sur la sécurité. Son parti nouvellement créé, Nuevas Ideas, a obtenu une large majorité aux élections de février 2020 avec 56 sièges sur 84, auxquels s’ajoutent les 5 sièges détenus par son allié Gran Alianza por la Unidad Nacional. Cette victoire du parti présidentiel a permis de mettre fin à l’affrontement entre le président et le parlement après de vives tensions au cours de l’année 2019. Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer la mainmise du président sur les différentes branches du pouvoir. Le vote par l’Assemblée de la destitution des juges de la Cour suprême pour les remplacer par des officiels plus proches du pouvoir en mai 2021, ainsi que le projet de réforme constitutionnelle en septembre 2021 concentrent les critiques. Ces dernières ont été relayées par l’administration Biden qui a mis en place en septembre 2021 des sanctions contre certains. Dans ce contexte, un rapprochement a été entrepris avec la Chine en mai 2021 avec un accord de coopération bilatéral incluant des investissements pour USD 500 millions.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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