Études économiques
Construction

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Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • La croissance démographique mondiale et la tendance à l’urbanisation entretiennent la demande de logement
  • Les taux d’intérêt bas dans la majorité des principales économies facilitent les emprunts

Faiblesses

  • Les prix immobiliers demeurent surévalués dans plusieurs pays de l’OCDE
  • Dettes des ménages élevées
  • Surcapacités en Chine et dette élevée dans l’immobilier

Evaluation des risques

Les faits marquants
Profitabilité du secteur (EBITDA/CA, en %)

Profitabilité du secteur (EBITDA/CA, en %)

En 2017, l’activité immobilière dans les pays avancés a profité de la hausse des revenus des ménages aidée par une inflation relativement faible. De plus, les taux d’intérêt bas ont joué un rôle de catalyseur, les encours de prêts immobiliers augmentant nettement.

En Europe, les entreprises apparaissent solides à l’image de la baisse des défaillances. Cette tendance devrait se poursuivre en 2018, à l’exception du Royaume-Uni qui devrait continuer de pâtir des incertitudes liées aux négociations en cours sur le Brexit. En effet, la baisse de la confiance nette des ménages britanniques, des investisseurs étrangers et la dépréciation de la livre sur la majeure partie de 2017 a augmenté le coût des importations dont le secteur dépend.

La poursuite du resserrement de la politique monétaire américaine, avec une nouvelle augmentation des taux annoncé par la FED en décembre (+25 points de base) et les incertitudes liées aux coûts de construction (bois, prix du foncier) ont eu peu d’effets sur ce secteur aux États-Unis jusqu’à présent.

Dans les pays émergents les risques sont plus élevés. En Chine, le secteur est en difficulté. Les autorités tentent de s’attaquer à la bulle immobilière en cours dans le pays et la dette des ménages commence à croître (47 % du PIB en 2017). En Amérique latine, l’activité a été pénalisée par le chômage et l’inflation, qui tend à s’améliorer, notamment au Brésil. Au Moyen-Orient les pertes de revenus liés à la faiblesse du prix du baril de pétrole et les risques sécuritaires pénalisent le secteur.

Demande

La situation des ménages apparaît résiliente et les prix repartiront à la hausse dans les pays développés en 2018. Mais cette reprise intervient alors que des prix immobiliers surélevés persistent (Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, France, Canada, Suède, Belgique) ou que des ménages restent très endettés (États-Unis, Royaume-Uni). Du côté des émergents, la demande asiatique en logement reste soutenue alors que la baisse des cours des matières premières a déstabilisé les revenus des ménages sud-américains et moyen-orientaux. Fin 2018, les prix de vente moyens pourraient retrouver leurs niveaux d’avant crise financière de 2008.

L’inflation augmentera sensiblement dans les pays avancés en 2018 (1,7 %). En conséquence, les taux d’intérêt directeurs de certaines grandes banques centrales pourraient continuer d’augmenter, principalement au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’économie américaine est en pleine croissance avec des niveaux de chômage historiquement bas ; ce qui est de nature à maintenir la demande pour le secteur. Les travaux dans le domaine des infrastructures pourraient être soutenus par les travaux publics si le Président Donald Trump parvient à trouver un terrain d’entente avec sa majorité et les Démocrates au Congrès sur cet aspect. Le candidat D. Trump avait fait de la modernisation des infrastructures vieillissantes du pays, notamment dans les transports, l’une de ses priorités.

En Europe, le secteur se porte bien dans l’ensemble, malgré une situation contrastée. En France, le secteur enregistre une nette reprise, grâce à la demande de construction de logements soutenue par des aides publiques, la reprise de la confiance des ménages et les taux d’intérêts qui restent bas en zone euro. En Allemagne, le secteur est également soutenu par la demande pour les logements privés et les commandes publiques ; qui ont notamment été générés pour loger les 1,2 millions de réfugiés depuis 2015.La péninsule ibérique se reconstruit rapidement également avec une progression des permis de 24 % en 2017 en Espagne et 13 % au Portugal. En outre, l’activité dans le sud de l’Europe (croissance du PIB attendue à +2,2 % en Espagne, + 1,3 % en Italie et +1,8 % en France), portera également le secteur.

Nous nous attendons à ce que la croissance du secteur immobilier chinois ralentisse dans les années à venir, après une période de développement rapide car le secteur est en surcapacité. Ceci devrait également s’expliquer par et la volonté des autorités de s’attaquer à la bulle immobilière. En outre, un ajustement plus ample du secteur apparaît de plus en plus probable. L’étude de Coface sur les délais de paiement en Chine (Enquête sur les délais de paiement en Chine par Coface, mars 2017) fait en effet apparaître de très nombreux retards de paiement dans le secteur.

Offre

En Europe, les entreprises de la construction profiteront d’une demande bien orientée pour consolider leur trésorerie en 2018 après une longue période d’atonie. En outre, la présence des multinationales dans les pays émergents sera moins handicapante qu’en 2018 car la croissance devrait y rebondir (+5,9 % en 2018).

Ainsi, le groupe LarfargeHolcim, leader mondial des ventes de matériaux de construction, a enregistré à la fin du troisième trimestre 2017 un chiffre d’affaires (CA) inférieur à celui des trois premiers trimestres de 2016 (-4,7 %). Si le groupe enregistre une diminution de son CA dans l’ensemble des régions, c’est l’Amérique latine qui résiste le mieux (+6 %). Il met en avant la robustesse du Mexique, de l’Equateur et de l’Argentine. Le groupe pointe néanmoins la stagnation de son activité en Europe (-0,5 %), liée notamment aux difficultés du secteur de la construction au Royaume-Uni. Ce dernier pâtit en effet d’une dette des ménages élevée, et d’une baisse des revenus réels. La France, quant à elle, résiste mieux avec une croissance de ses ventes de ciment après des années de difficultés dans le secteur.

Aux États-Unis, les coûts de production sont à surveiller de près en 2018 ; compte tenu du renchérissement observé pour les coûts de production hors ciment et granulats ; ce qui pourrait freiner l’activité du secteur dans le moyen terme. En effet, les prix du bois d’œuvre enregistrent une tendance à la hausse cette année qui pourrait être exacerbée par l’imposition de tarifs douaniers sur le bois canadien. En outre la pénurie de personnel qualifié dans la construction exerce une pression à la hausse sur les coûts salariaux donc sur les prix. Néanmoins l’association professionnelle des constructeurs de maisons (NAHB), semble optimiste quant à l’évolution du secteur en 2018. La bonne tenue des permis de construire (+4 %) à fin octobre 2017 est de bonne augure pour ces professionnels.

En Chine, les coûts des matériaux ont bien progressé en 2017 (+7,4 % à fin novembre 2017 selon l’institut national de statistique chinois), mais devrait ralentir en 2018, notamment du fait de la politique de l’État de contenir les prix immobiliers dans les grandes villes. En outre, les dettes accumulées par les entreprises du secteur immobilier (dont 38 milliards arrivent à échéance en 2018), pèseront sur l’activité de la construction si des défaillances d’entreprises ont lieu.

 

Dernière mise à jour : janvier 2018

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